GABINIUS ou GABIENUS

Dans la guerre de Sicile, entre Octave et Sextus Pompée, un des gens d'Octave, nommé Gabinius, ayant été fait prisonnier, eut la tête coupée. Un loup emporta cette tête; on l'arracha au loup, et sur le soir on entendit ladite tête qui se plaignait et demandait à parler à quelqu'un.

On s'assembla autour; alors la bouche de cette tête dit aux assistants qu'elle était re­venue des enfers pour révéler à Pompée des choses importantes. Pompée envoya aussitôt un de ses lieutenants, à qui le mort déclara que ledit Pompée serait vainqueur. La tête chanta ensuite dans un poème les malheurs qui menaçaient Rome ; après quoi elle se tut, à ce que disent Pline et Valère Maxime.

Si ce trait a quelque fondement, c'était sans doute une fourberie exécutée au moyen d'un ventriloque, et imaginée pour relever le cou­rage des troupes. Mais elle n'eut point de succès : Sextus Pompée, vaincu et sans ressource, s'enfuit en Asie, où il fut tué par les gens de Marc-Antoine.

 GABKAR

Les Orientaux croient à une ville fabuleuse appelée Gabkar, qu'ils disent située dans les déserts habités par les génies.

 GABRIEL (GILLES)

A écrit au dix-septiè­me siècle un essai de la morale chrétienne comparée à la morale du diable: Specimina moralis christianœ et moralis diabolicae in praxi. Bruxelles, 1675, in-12.

 GABRIELLE

Dans le Vexin français, le bourgeois qui a quatre filles et veut avoir un garçon, nomme la dernière Gabrielle; charme qu'il croit de nature à lui amener infail­liblement un fils.

 GABRIELLE D'ESTRÉES

Maîtresse de Henri IV, morte en 1599. Elle cherchait à épouser le Roi, et se trouvait logée dans la maison de Zamet, riche financier de ce temps. Comme elle se promenait dans les jardins, elle fut frappée d'une apoplexie foudroyante. On la porta chez sa tante, madame de Sourdis. Elle eut une mauvaise nuit; le lende­main elle éprouva des convulsions qui la firent devenir toute noire: sa bouche se con­tourna, et elle expira horriblement défigurée. On parla diversement de sa mort; plu­sieurs en chargèrent le diable; on publia qu'il l'avait étranglée; et au fait il en était bien capable.

 GAFFAREL (JACQUES)

Hébraïsant et orientaliste, né en Provence en 1601, mort en 1681. Ses principaux ouvrages sont :

Mystères secrets de la cabale divine, défen­dus contre les paradoxes des sophistes, Paris, 1825, in-4.°.

Curiosités inouïes sur la sculpture talisma­nique des Persans, l'horoscope (les patriar­ches et la Lecture des Etoiles. Paris, 1629, in-8°.

Index de 19 cahiers cabalistiques dont s'est servi Jean Pic de La Mirandole, Paris, 1651, in-8°.

Histoire universelle du monde souterrain, contenant la description des plus beaux an­tres et des plus rares grottes, caves, voûtes, cavernes et spélonques de la terre.

Le prospec­tus de ce dernier ouvrage fut imprimé à Pa­ris, 1666, in-folio de 8 feuillets : il est très rare. Quant au livre, il ne parut pas à cause de la mort de l'auteur. On dit que c'était un monument de folie et d'érudition. Il vouait des grottes jusque dans l'homme, dont le corps présente mille cavités; il parcourait les cavernes de l'enfer, du purgatoire et des limbes, etc.

 GAILAN

Les Arabes appellent ainsi une espèce de démon des forêts, qui tue les hommes et les animaux.

 GAIUS

Aveugle guéri par un prodige, du temps d'Antonin. Esculape l'avertit, dans un songe, de venir devant son autel, de s'y pro­sterner, de passer ensuite de la droite à la gauche, de poser ses cinq doigts sur l'autel, de lever la main, et de la mettre sur ses yeux. Il obéit, et recouvra la vue en pré­sence du peuple, qui applaudit avec trans­port.

C'était une singerie qu'on faisait pour balancer les miracles réels du christianisme.

 GALACHIDE ou GARACHIDE

Pierre noi­râtre, à laquelle des auteurs ont attribué plusieurs vertus merveilleuses, celle entre autres de garantir celui qui la tenait, des mouches et autres insectes. Pour en faire épreuve, on frottait un homme de miel pendant l'été, et on lui faisait porter cette pierre dans la main droite ; quand cette épreuve réussissait, on reconnaissait que la pierre était véritable. On prétendait aussi qu'en la portant dans sa bouche, on découvrait les secrets des autres.

 GANNA

Prêtresse et devineresse ayant vécu en Germanie à l'époque du règne de Domitien, s'est rendue à Rome et y connut une grande célébrité.

 GANDREID

Sorte de magie en usage chez les Islandais et qui donnerait la faculté de voyager dans les airs. Il s'agit d'une forme moderne de magie, prolongeant ce que décrit la tradition millénaire concernant les chevauchées nocturnes des esprits. A noter que le manche à balai de la Tradition allemande est remplacé ici par les côtes et les tibias de cheval. L'élément majeur du matériel opératoire est une bride de cuir, le Gandried-Jaum, sur lequel le magicien imprime des caractères runiques.

A ce sujet, ce que la métapsychique moderne nous fait connaître sous le nom de lévitation d'une part et de dédoublement de l'autre, peut expliquer sur le plan physique et psychique ce qui se passe dans la pratique du Gandreid.

 GARGOUILLE

« Que vous dire de la gargouille de Rouen ? II est certain que, tous les ans , le chapitre métropolitain de cette ville présentait au parlement, le jour de l'As­cension, un criminel qui obtenait sa grâce, en l'honneur de saint Romain et de la gar­gouille. La tradition portait qu'à l'époque où saint Romain occupait le siège épiscopal de Rouen, un dragon, embusqué à quelque distance de la ville, s'élançait sur les passants et les dévorait. C'est ce dragon qu'on appelle la gargouille. Saint Romain, accompagné d'un criminel condamné à mort, alla attaquer le monstre jusque dans sa caverne; il l'en­chaîna et le conduisit sur la place publique, où il fut brûlé, à la grande satisfaction des diocésains »

On a contesté cette légende en niant les dragons, dont les géologues actuels recon­naissent pourtant que l'existence a été réelle. Il se peut toutefois que ce dragon soit ici une allégorie. Des historiens rapportent que, du temps de saint Romain, la ville de Rouen fut menacée d'une inondation; que ce saint prélat eut le bonheur de l'arrêter par ses soins et par ses prières. Voilà l'explication toute simple du miracle de la gargouille. Ce mot, dans notre vieille langue, signifie irrup­tion , bouillonnement de l'eau. Des savants auront rendu le mot hydre par celui de dragon.

 GARINET (JULES)

Auteur de l'Histoire de la magie en France, Paris , 1818 , in-8°. On trouve à la tête de cet ouvrage curieux une description du sabbat, une dissertation sur les démons, un discours sur les superstitions qui se rattachent à la magie chez les anciens et chez les modernes. Beaucoup de faits intéressants mériteraient à ce livre une nou­velle édition ; mais l'auteur, fort jeune lors­qu'il le publia, lui a donné une teinte philosophique et peu morale que son esprit élevé et ses vastes études doivent lui faire désapprouver aujourd'hui. Une nouvelle édition serait donc épurée.

 GARNIER (GILLES)

Loup-garou, condamné à Dôle sous Louis XIII, comme ayant dévoré plusieurs enfants. On le brûla vif, et son corps réduit en cendres fut dispersé au vent.

«Henri Camus, docteur en droit et con­seiller du roi, exposa que Gilles Garnier avait pris dans une vigne une jeune fille de dix ans, l'avait tuée et occise, l'avait traînée jusqu'au bois de La Serre, et que, non content d'en manger, il en avait apporté à sa femme;

qu'un autre jour étant en forme de loup (travestissement horrible qu'il prenait sans doute pour sa chasse), il avait également tué et dévoré un jeune garçon , à une lieue de Dôle, entre Grédisans et Monotée; qu'en sa forme d'homme et non de loup il avait pris un autre jeune garçon de l'âge de douze à treize ans, et qu'il l'avait emporté dans le bois pour l'étrangler....»

 GARUDA

Oiseau fabuleux qu'on représente souvent avec la tête d'un beau jeune homme, un collier blanc et le corps d'un aigle. Il sert de monture à Wishnou, comme l'aigle servait de véhicule à Jupiter. Les Indiens racontent qu'il naquit d'un veuf que sa mère Diti avait pondu et qu'elle couva cinq ans.

 GASTROCNÉMIE

Pays imaginaire dont parle Lucien, où les enfants étaient portés dans le gras de la jambe; ils en étaient ex­traits au moyen d'une incision.

 GASTROMANCIE ou GAROSMANCIE

Di­vination qui se pratiquait en plaçant entre plusieurs bougies allumées, des vases de verre ronds et pleins d'eau claire; après avoir invoqué et interrogé les démons à voix basse, on faisait regarder attentivement la super­ficie de ces vases par un jeune garçon ou par une jeune femme; puis on lisait la ré­ponse dans des images tracées par la réfrac­tion de la lumière dans les verres. Cagliostro employait cette divination. Une autre espèce de Gastromancie se pratiquait par le devin qui répondait sans remuer les lèvres, en sorte qu'on croyait entendre une voix aérienne. Le nom de cette divination signifie divina­tion par le ventre; aussi, pour l'exercer, il faut être ventriloque, ou possédé, ou sorcier. Dans le dernier cas, on allume des flambeaux autour de quelques verres d'eau limpide, puis on agite l'eau en invoquant un esprit qui ne tarde pas à répondre d'une voix grêle dans le ventre du sorcier en fonction.

Les charlatans trouvant, dans les moin­dres choses, des moyens sûrs d'en imposer au peuple et de réussir dans leurs fourberies, la ventriloquie doit être pour eux d'un grand avantage.

Un marchand de Lyon, étant un jour à la campagne avec son valet, entendit une voix qui lui ordonnait, de la part du ciel, de donner une partie de ses biens aux pauvres, et de récompenser son serviteur. Il obéit, et re­garda comme miraculeuses les paroles qui sortaient du ventre de son domestique. On savait si peu autrefois ce que c'était qu'un ventriloque, que les plus grands personnages attribuaient toujours ce talent à la présence des démons. Photius, patriarche de Cons­tantinople, dit, dans une de ses lettres : «On a entendu le malin esprit parler dans le ventre d'une personne, et il mérite bien d'avoir l'or­dure pour logis. »

 GATEAU TRIANGULAIRE DE SAINT­ LOUP

Les personnes superstitieuses font ce gâteau le 29 juillet, avant le lever du soleil; il est composé de pure farine de froment, de seigle et d'orge, pétrie avec trois oeufs et trois

cuillerées de sel, en forme triangulaire. On le donne, par aumône, au premier pauvre qu'on rencontre, pour rompre les maléfices.

 GAUFRIDI (LOUIS-JEAN-BAPTISTE)

Curé de Marseille qui , infidèle à ses devoirs, tomba dans le désordre et se fit passer pour sorcier vers la fin du seizième siècle.

On raconte que le diable lui apparut un jour, pendant qu'il lisait un livre de magie; ils entrèrent en conversation et firent con­naissance. Le prêtre se livra au diable par un pacte en règle, à condition qu'il lui don­nerait le pouvoir de suborner et de séduire, en soufflant au visage. Le diable y consentit d'autant plus volontiers, qu'il trouvait dans ce marché un double avantage.

L'apostat s'éprit de la fille d'un gentil­homme, Madeleine de La Palud , dont l'his­toire est devenue célèbre. Mais bientôt la demoiselle effrayée se retira dans un couvent d'Ursulines. Gaufridi furieux y envoya, di­sent les relations du temps, une légion de diables; la sorcellerie du prêtre fut prouvée. Un arrêt du parlement de Provence le con­damna au feu, en avril 1611.

 GAURIC

Génie ou lutin que la superstition des villageois bas-bretons croit voir danser autour des amas de pierres, ou monuments druidiques, désignés dans la langue des anciens insulaires par le mot chiorgaur, que l'on a traduits par ceux-ci : chorea gi­gantum, ou danse des géants, mais qu'il serait peut-être plus exact d'entendre chorea Gauricorum, danse des Gaurics.

 GAURIC (LUC)

Astrologue napolitain, né en 1476, qui, selon Mézeray et le président de Thou , annonça positivement que le roi Henri II serait tué dans un duel et mourrait d'une blessure à l'oeil; ce qui fut vrai. Mais ne prédit-il pas après coup?

Catherine de Médecis avait en Luc Gauric la confiance la plus entière. Bentivoglio , seigneur de Bologne, le condamna à cinq tours d'estrapade, pour avoir eu la hardiesse de lui prédire qu'il serait chassé de ses Etats; ce qui n'était pas difficile à prévoir, vu la disposition des esprits qui détestaient ce sei­gneur. Gauric mourut en 1558.

On a de lui une Description de la sphère céleste, publiée dans ses Oeuvres, Bâle, 1575, 3. vol. in-fol. On y trouve aussi un Eloge de l'astrologie.

On attribue à son frère Pomponius Gauric un livre dans lequel on traite de la physio­gnomonie , de l'astrologie naturelle, etc ; mais il ne paraît pas que cet ouvrage soit de Pomponius, il serait plutôt de Luc.

Le traité astrologique de Luc Gauric est un livre assez curieux. Pour prouver la vérité de l'astrologie, il dresse l'horoscope de tous les personnages illustres, dont il a pu découvrir l'heure de la naissance; il démontre que tout ce qui leur est arrivé se trouvait prédit dans leur horoscope

 GAUTHIER (JEAN)

Alchimiste Charles IX, trompé par ses promesses, lui fit donner, pour faire de l'or, cent vingt mille livres, et l'adepte se mit à l'ouvrage. Mais après avoir travaillé huit jours, il se sauva avec l'argent du monarque : on courut à sa poursuite, on l'attrapa et il fut pendu.

 GAUTHIER DE BRUGES

On conte que ce cordelier, nommé évêque par le pape Nicolas III, et déposé par Clément V, appela à Dieu de cette déposition et demanda qu'en l'inhumant on lui mît son acte d'appel à la main. Quelque temps après sa mort, le pape Clément V étant venu à Poitiers, et se trou­vant logé au couvent des Cordeliers, désira visiter les restes de celui qu'il avait déposé; on ajoute qu'il se fit ouvrir le tombeau, et qu'il fut effrayé en voyant Gauthier de Bru­ges agitant son acte d'appel d'une main desséchée. » Conte imaginé par les ennemis du pape.

 GAZARDIEL

Ange qui, selon le Talmud, préside à l'Orient, afin d'avoir soin que le soleil se lève, et de l'éveiller s'il ne se levait pas.

 GAZE (THÉODORE DE)

Propriétaire d'une ferme dans la Campanie, au seizième siècle; il la faisait cultiver par un fermier. Comme ce bonhomme travaillait un jour dans un champ, il découvrit un vase rond où étaient enfermées les cendres d'un mort. Aussitôt il lui apparut un spectre qui lui commanda de remettre en terre le même vase avec ce qu'il contenait, sinon qu'il ferait mourir son fils aîné. Le fermier ne tint compte de ces menaces , et, peu de jours après, son fils aîné fut trouvé mort dans son lit.

Quelque temps plus tard, le même spectre lui apparut, lui réitérant le même comman­dement, et le menaça de faire mourir son second fils. Le laboureur avertit de tout ceci Théodore de Gaze, qui vint lui-même à sa métairie, et fit remettre le tout à sa place sachant bien, dit Leloyer, qu'il fait mauvais jouer avec les morts.........

 GEANTS

Les géants de la fable avaient le regard farouche et effrayant, de longs cheveux, une grande barbe, des jambes et des pieds de serpent, et quelques-uns cent bras et cinquante têtes.

Homère représente les Aloïdes, géants remarquables, comme étant d'une taille si pro­digieuse, qu'à l'âge de neuf ans ils avaient neuf coudées de grosseur, trente-six de hauteur, et croissaient chaque année d'une cou­dée de circonférence et d'un mètre de haut.

Les talmudistes assurent qu'il y avait des géants dans l'arche. Comme ils y tenaient beaucoup de place, on fut obligé, disent-ils, de faire sortir le rhinocéros, qui suivit l'arche à la nage.

Aux noces de Charles le Bel, roi de France, on vit une femme de Zélande d'une taille ex­traordinaire, auprès de qui les hommes les plus hauts paraissaient des enfants; elle était si forte, qu'elle enlevait de chaque main deux tonneaux de bière, et portait aisément huit hommes sur une poutre.

Il est certain qu'il y a eu, de tout temps, des hommes d'une taille et d'une force au­ dessus de l'ordinaire. On trouva au Mexique des os d'hommes trois fois aussi grands que nous, et, dit-on, dans l'île de Crète un cada­vre de quarante cinq pieds Hector de Boece dit avoir vu les restes d'un homme qui avait quatorze pieds.

Pour la force nous citerons Milon de Cro­tone, tant de fois vainqueur aux jeux olympi­ques; ce Suédois qui, sans armes, tua dix soldats armés; ce Milanais qui portait un cheval chargé de blé; ce Barsabas qui, du temps de Louis XIV , enlevait un cavalier avec son équipage et sa monture ; ces géants et ces hercules qu'on montre tous les jours au pu­blic. Mais la différence qu'il y a entre eux et le reste des hommes est petite, si on compare leur taille réelle à la taille prodigieuse que les traditions donnent aux anciens géants.

 GEBER

Roi des Indes, et grand magicien, auquel ou attribue un traité absurde, Du rapport des sept planètes aux sept noms de Dieu, et quelques autres opuscules inconnus.

 GEDI

Pierre merveilleuse qui, dans l'opinion des Gètes, avait la vertu, lorsqu'on la trempait dans l'eau, de changer l'air et d'exciter des vents et des pluies orageuses. On ne connaît plus la forme de cette pierre.

 GELLO ou GILO

C'était une fille qui avait la manie d'enlever des petits enfants. On dit même que parfois elle les mangeait, et qu'elle emporta un jour le petit empereur Maurice; mais qu'elle ne put lui faire aucun mal, parce qu'il avait sur lui des amulettes. Son fantôme errait dans l'île de Lesbos, où, comme elle était jalouse de toutes les mères, elle faisait mourir dans leur sein les enfants qu'elles portaient, un peu avant qu'ils fussent à terme. On voit que c'était l'épou­vantail du sixième siècle.

 GELOSCOPIE

Espèce de divination qui se tire du rire. On prétend acquérir ainsi la connaissance du caractère d'une personne, et de ses penchants bons ou mauvais. Un rire franc n'annonce certainement pas une âme fausse, et on peut se défier quelquefois d'un rire forcé

 GEMATRIE

C'est une des divisions de la cabale, chez les juifs. Elle consiste à prendre les lettres d'un mot hébreu pour des chiffres ou nombres arithmétiques, et à expliquer chaque mot par la valeur arithmétique des lettres qui le composent. Selon d'autres  c'est une interprétation qui se fait par la transposition des lettres.

 GEMEAUX

Le symbolisme des Gémeaux procède d'un dualisme de tendances tantôt enrichissantes, tantôt opposées ; apportant soit une ambivalence, soit une synthèse. C'est l'adaptabilité subtile jointe à l'intuition, trouvant sa satisfaction dans la diversité-des efforts. C'est la curiosité de l'intelligence procédant plutôt du psychique. Correspondances : air, chaleur, humidité, positivité, masculinité, printemps. Parties du corps : les poumons, les bras, les mains. Couleurs : toutes couleurs bigarrées ou rayées. Métaux : le mercure. Minéraux : grenat, béryl. Planètes : Mercure y a son domicile diurne ; Jupiter y est en exil.

 GEMMA (CORNÉLIUS)

Savant professeur de Louvain, auteur d'un livre intitulé : Des caractères divins et des choses admirables, publié à Anvers, chez Christophe Plantin, architypographe du roi; 1575, in-12.

 GENETHLIAQUES

Autre nom donné aux astrologues. L'Astrologie s'appelait aussi Généthliologie dans l'antiquité grecque.

 GENGUES

Devins japonais qui font profession de découvrir les choses cachées et de retrouver les choses perdues. Ils habitent des huttes perchées sur le sommet des monta­gnes, et sont tous extrêmement laids. Il leur est permis de se marier, nais seulement avec des femmes de leur caste et de leur secte. Un voyageur prétend que le signe caracté­ristique de ces devins est une corne qui leur pousse sur la tête. Il ajoute qu'ils sont tous vendus au diable qui leur souffle leurs oracles ; quand leur bail est fini, le diable leur ordonne de l'attendre sur une certaine roche. A midi, ou plus souvent vers le soir, il passe au milieu de l'assemblée; sa présence cause une vive émotion. Une force irrésistible entraîne alors ces malheureux, qui sont précipités à sa suite et ne reparaissent plus.

 GENIANE

Pierre fabuleuse à laquelle on attribuait la vertu de chagriner les ennemis de ceux qui la portaient. On pouvait de très ­loin, en frottant sa pierre, vexer de toute façon les amis dont on avait à se plaindre, et se venger sans se compromettre. Les doctes n'indiquent pas où se trouve cette pierre curieuse.

 GENIE

Nom donné à des entités personnifiant le plus souvent des forces de la nature ou les forces supérieures. Dans quelques mythologies, ce sont les esprits créateurs (Djinn, Djennoun), dans d'autres ce sont des vertus abstraites ; dans d'autres enfin, de véritables anges gardiens (doublés quelquefois d'un génie tentateur ou malfaisant, contrecarrant les soins du premier).

 GEOCENTRIQUE

Se dit d'un système qui, comme l'astrologie, place la terre au centre du système solaire ou prend la terre comme point de référence fixe.

 GEOCIE

La dénomination de géocie comme celle de géomancie d'ailleurs est destinée à opposer la magie d'en bas (géo : terre) à la magie d'en haut, monopolisée par les religions.

 GÉOMANCIE ou GÉOMANCE

(de géo, terre, et du grec manteia, divination). Divination par la terre. Elle consiste à jeter une poignée de poussière ou de terre au hasard, sur une table, pour juger des événements futurs, par les ligues et les figures qui en résultent : c'est à peu près Ia même chose que le marc de café.

Selon d'autres, la géomancie se pratique, tantôt en traçant par terre des lignes et des cercles, sur lesquels on croit pouvoir deviner ce qu'on a envie d'apprendre ; tantôt en fai­sant au hasard, par terre ou sur le papier, plusieurs points sans garder aucun ordre; les figures que le hasard forme alors fondent un jugement sur l'avenir; tantôt enfin en observant les fentes et les crevasses qui se font naturellement à la surface de la terre, d'où sortent, dit-on, des exhalaisons pro­phétiques, comme de l'autre de Delphes.

 GEREAHS

Les habitants de Ceylan croient les planètes occupées par des esprits qui sont les arbitres de leur sort. Ils leur attribuent le pouvoir de rendre leurs favoris heureux en dépit des démons. Ils forment autant d'images d'argile appelées Géréahs, qu'ils supposent d'esprits mal disposés; ils leur donnent des figures monstrueuses et les ho­norent en mangeant et buvant; le festin est accompagné de tambours et de danses jus­qu'au point du jour; les images sont jetées alors sur les grands chemins, où elles reçoivent les coups et épuisent la colère des dé­mens mal intentionnés.

 GERMANICUS

Général romain qui fut empoisonné par Plancine. On ne dit pas si ce fut par des parfums ou par un poison plus direct, ou par des maléfices; mais ce qui est certain, dit Tacite, c'est que l'on trouva dans sa de­meure des ossements et des cendres de morts arrachés aux tombeaux, et le nom de Germanicus écrit sur une lame de plomb qu'on avait dévouée à l'enfer.

 GERSON (JEAN CHARLIER DE)

Chancelier, pieux et savant, de l'université de Paris, mort en 1429, auteur de l'Examen des esprits, où l'on trouve des règles pour discerner les fausses révélations des véritables, et de l'Astrologie réformée, qui eut un grand succès. Nous ne parlons pas ici de ses ouvrages de piété.

 GERT (BERTHOMINE DE)

Sorcière de la ville de Préchac en Gascogne, qui confessa vers 1608 que lorsqu'une sorcière revenant du sabbat était tuée dans le chemin, le diable avait l'habitude de prendre sa figure, et de la faire reparaître et mourir dans son logis pour la tenir en bonne réputation. Mais si celui qui l'a tuée a quelque bougie ou chandelle de cire sur lui, et qu'il en fasse une croix sur la morte, le diable ne peut, malgré toute sa puissance, la tirer de là, et par conséquent est forcé de l'y laisser.

 GERVAIS

Archevêque de Reims, mort en 1067, dont on conte cette aventure. Un chevalier normand qui le connaissait voulant, pour le besoin de son âme, aller à Rome visiter les tombeaux des saints apôtres, passa par Reims, où il demanda à l'archevêque sa bénédiction, puis il reprit son chemin, dont il s'était écarté. Il arriva à Rome, et fit ses oraisons.

Il voulut ensuite aller au mont Saint-Ange. Dans son chemin, il rencontra un ermite qui lui demanda s'il connaissait Gervais, archevêque de Reims ; à quoi le voyageur répon­dit qu'il le connaissait.

- Gervais est mort, reprit l'ermite.

Le Normand demeura stupéfait ; il pria l'inconnu de lui dire comment il savait cette nouvelle.

L'ermite lui répondit, qu'ayant passé la nuit en prière dans sa cellule, il avait en­tendu le bruit d'une foule de gens qui mar­chaient le long de son corridor en faisant beaucoup de bruit; qu'il avait ouvert sa fe­nêtre, et demandé où ils allaient; que l'un d'eux lui avait répondu : Nous sommes les anges de Satan; nous venons de Reims. Nous emportions l'âme de Gervais ; mais à cause de ses bonnes oeuvres, on vient de nous l'enlever, ce qui nous fâche rudement.

Le pèlerin remarqua le temps et le jour où il avait appris tout cela, et de retour â Reims,il trouva que l’archevêque Gervais était mort à la même heure.

 GHOOLÉE-BEENBAN

Vampire, ou lamie, ou ghole. Les Afghans croient que chaque solitude, chaque désert de leur pays, est habité par un démon, qu'ils appellent le Ghoo­lée-Beenban, ou le spectre de la solitude. Ils désignent souvent la férocité d'une tribu en disant qu'elle est sauvage comme le démon du désert.

 GIALL

Fleuve des enfers scandinaves ; on le passe sur un pont appelé Giallar.

 GIBEL

Montagne volcanique, au sommet de laquelle se trouve un cratère d'où l'on en­tend, lorsqu'on prête l'oreille, des gémissements et un bouillonnement effroyable. Les Grecs jetaient, dans ce soupirail, des vases d'or et d'argent, et regardaient comme un bon présage lorsque la flamme ne les repoussait pas ; car ils pensaient apaiser par là les dieux de l'enfer, dont ils croyaient que cette ouverture était l'entrée.

 GIMI ou GIMIN

Génies que les musulmans croient d'une nature mitoyenne entre l'ange et l'homme. Ce sont nos esprits follets.

 GINGUÉRERS

Cinquième tribu des géants ou génies malfaisants, chez les Orientaux.

 GINNES

Génies femelles chez les Persans, qui les disent maudites par Salomon, et for­mées d'un feu liquide et bouillonnant, avant la création de l'homme.

 GINNISTAN

Pays imaginaire, où les génies soumis à Salomon font leur résidence, selon les opinions populaires des Persans.

 GINNUNGAGAP

Nom de l'abîme, partie de l'enfer, chez les Scandinaves.

 GIOERNINCA -YEDUR

Les Islandais ap­pellent de ce nom le pouvoir magique d'exciter des orages et des tempêtes, et de faire périr des barques et des bâtiments en mer. Cette idée superstitieuse appartient autant à la ma­gie moderne qu'à l'ancienne. Les ustensiles que les initiés emploient sont très simples par exemple, une bajoue de tête de poisson, sur laquelle ils peignent ou gravent différents caractères magiques, entre autres la tète du dieu Thor, de qui ils ont emprunté cette es­pèce de magie. Le grand art consiste à n'em­ployer qu'un ou deux caractères, et tout leur secret est que les mots Thor, hafot ou ha fut puissent être lus devant eux ou en leur ab­sence sans être compris de ceux qui ne sont pas admis à la connaissance de ces mystères.

 GIOURTASCH

Pierre mystérieuse que les Turcs orientaux croient avoir reçue de main en main de leurs ancêtres, en remontant jusqu'à Japhet, fils de Noé, et qu'ils prétendent avoir la vertu de leur procurer de la pluie, quand ils en ont besoin.

 GIRARD (JEAN-BAPTISTE)

Jésuite né à Dôle en 1680. Les ennemis de la société de Jésus n'ont négligé aucun effort pour le pré­senter comme un homme de scandale. Ils l'ont accusé d'avoir séduit une fille nommée Catherine Cadière ; et sur ce thème, ils ont bâti tous les plus hideux romans. Cette fille, folle ou malade, sembla possédée dans les idées du temps, ou le fut peut-être, et on dut l'enfermer aux Ursulines de Brest. Sur quel­ques divagations qu'elle débita, un procès fut intenté par le parlement d'Aix. Mais tou­tes choses examinées et pesées, il fallut se borner à rendre Catherine Cadière à sa famille. On ne put pas même trouver moyen d'impliquer le père Girard dans cette affaire, comme coupable, quoiqu'on eût ameuté trois partis violent contre lui, les janséistes, le parlement et les philosophes. Ce qui n’a pas empêché les écrivains anti-religieux de faire revivre sur son compte des calomnies condamnées.

 GLUMU-GADUR

Sortilège utilisé par les Islandais pour vaincre des ennemis supérieurs, notamment à la lutte. Ce sortilège se concrétise par des inscriptions tracées sous le gros orteil et le talon droits.

 GNOMES

Petits êtres procédant de la terre (de l'élément Terre) et habitant le sol. Ils sont les gardiens des trésors, des mines et des gise­ments précieux. Ils ont des femmes minuscules comme eux (ou plus grandes qu'eux selon certaines traditions) et d'une admirable beauté. Ils sont doux, serviables, gais, plus peureux qu'hostiles. Ils sont facétieux, mais si on sem­ble animé de bons sentiments à leur égard, ils sont capables de grande géné­rosité (donnent de l'or, notamment). Symboliquement, les gnomes sont donc bien l'esprit de la terre, avec tous ses attributs.

 GNOSTICISME

La Gnose est la connaissance. C'est de la connaissance que vient le salut, et non de la foi. La Connaissance est celle des grands mystères de la Nature, des forces cachées, des vérités éternelles qui planent au-dessus des religions. Pour acquérir cette Connaissance, une seule voie : celle de l'Initiation supposant la connaissance du symbolisme. Les fondateurs de religions sont d'ailleurs de grands Initiés, c'est pourquoi les gnostiques s'en autorisent. La Doctrine de saint Paul, notamment, fut une Gnose et l'Eglise primitive fut gnostique. Les évêques, à partir du II' siècle, disent les gnostiques, déformèrent les mystères et façonnèrent le Rituel dans le but de régner. Auparavant, la liturgie avait une valeur ma­gique consciente et s'explicitait par un langage à triple sens (de l'esprit, de l'âme, de la chair).

Selon les gnostiques, la gnose est en continuité absolue depuis l'Egypte et la Grèce. Ils allèguent la parfaite similitude de certains symboles et de certains rites aujourd'hui partiellement fixés par le dogme. L'Egypte, 1'Ecole de Simon le Magicien, par certains côtés le Platonisme et le Pytha­gorisme, la doctrine des Cathares, celle des Albigeois, la Sophia de Jules Doinel (fondée en 1888), l'Eglise d'Oomoto du Messie Onisobro Degoutchi (au Japon), la Chevalerie du Saint Graal, l'Eglise Gnostique contemporaine, sont les aspects d'un même et éternel courant. Le courant ne pouvait pas ne pas avoir à subir les attaques de l'Eglise Romaine, qu'il accuse d'avoir dénaturé le sens vrai de la religion. La lutte alla effectivement de l'escar­mouche théorique des premiers temps de l'Eglise, à la Lettre Pastorale « de principe » adressée par Léon XIII à son clergé à propos des gnostiques, en passant par les cruautés du Moyen Age, où les gnostiques étaient brûlés sans merci.

Dans son état actuel, le gnosticisme use d'un vocabulaire qui décon­certe un peu, célèbre ses offices dont le rituel ressemble au rituel catholi­que, a son clergé et ses fidèles. Derrière les apparences, le gnosticisme assume une fonction essentielle : la conservation des voies majeures de la Sagesse. Savoir si l'Eglise gnostique actuelle est à la hauteur de sa tâche est une tout autre question, mais il n'y a pas de raison de supposer qu'elle faillit à sa mission. Le gnosticisme ne disparaîtra que le jour où il n'y aura plus à préserver les grands secrets contre quelque chose. On peut prédire qu'elle va renforcer sa puissance et sa cohésion pendant les années d'into­lérance qui nous attendent après quoi elle aura peut-être terminé sa mis­sion. Pour le moment, elle est hautement estimable parce qu'elle contribue dans la mesure de ses moyens à la lutte de l'Esprit contre la Lettre.

 GOBELINS

Lutins familiers de la croyance populaire du Moyen Age français et allemand. Les Gobelins habitaient sous les meubles et dans les coins inaccessibles. A la condition de leur donner une nourriture de choix, ils rendaient mille petits services dans la maison mais, dans le cas con-traire, cachaient les objets ou faisaient mille taquineries. On saisit là le processus normal de projection de l'angoisse afférente à la recherche des objets égarés ou des difficultés domestiques.

 GODWIN

Ecrivain anglais qui a pu­blié la Vie des Nécromanciens, ou histoire des personnages les plus célèbres auxquels on a attribué, dans les différents âges, une puissance surnaturelle.

 GOÉTIE

Art d'évoquer les esprits malfaisants, pendant la nuit obscure, dans des ca­vernes souterraines à la proximité des tom­beaux et des ossements des morts, avec sacrifice de victimes noires, herbes magiques, lamentations, gémissements et offrande de jeunes enfants dans les entrailles desquels on cherchait l'avenir.

 GOGUIS

Démons de forme humaine qui accompagnent les pèlerins du Japon dans leurs voyages, les font entrer dans une balance et les contraignent de dire leurs pé­chés. Si les pèlerins taisent une de leurs fautes dans cet examen, les diables font pencher la balance de sorte qu'ils ne peuvent éviter de tomber dans un précipice où ils se rompent tous les membres.

 GOITRES

Les Arabes prétendent guérir cette infirmité avec des amulettes. Le docteur Abernethy, que l'on consultait sur la manière de dissiper un goitre, répondit : « Je crois que le meilleur topique serait de siffler... »

 GOLEM

D'après les Kabbalistes juifs, le magicien qui voulait créer un Golem, devait pétrir avec de l'argile rouge, une statue humaine à peu près de la taille d'un enfant de dix ans, sur le front de laquelle il écrivait le mot « Vie ». Immédiatement, le Golem était promu à l'état d'être humain, respirait, était doué de mouvement et de parole. Le magicien pou­vait l'employer à toutes fins, sans craindre ni révolte ni fatigue, mais était tenu de le surveiller parce qu'il grandissait avec une rapidité stupéfiante et atteignait alors la taille d'un géant. La seule ressource du magicien était d'effacer sur le front du Golem le mot « Vie » et de le remplacer par le mot « Mort ». Sitôt après, l'effigie s'effondrait, perdait tout aspect humain, mais tentait toujours d'ensevelir ou d'écraser le magicien, sous son énorme masse. Pour peu que ce dernier n'ait pas eu le temps d'effacer le mot ma­gique, il encourait les pires catastrophes, les forces magiques qu'il avait déchaînées se retournaient contre lui.

Les Kabbalistes utilisaient aussi bien les Golem à des fins bénéfiques que maléfiques. Ils représentaient pour eux une puissance soumise qui, de ce seul fait, risquait de les inciter davantage à obtenir une puissance personnelle qu'à tout autre chose. Ils lui donnaient souvent la ressemblance d'un ennemi et lui ordonnaient de commettre un crime que l'ennemi payait de sa vie. Parfois, ils la figuraient sous la forme d'une bête féroce et s'en servaient pour tuer ceux qui leur résistaient.

 GONDERIC

Roi des Vandales, qui tut, à l'exemple de Geyseric et de Bucer, éventré par le diable, et dont l'âme, selon les chroniqueurs, fut conduite en enfer.

 GONIN

Les Français d'autrefois donnaient le nom de maître-gonin à leurs petits sorciers, charmeurs, escamoteurs et faiseurs de tours de passe-passe

 GORSEDD DIGOR

Cérémonie druidique au cours de laquelle était récitée collectivement une prière très belle dont nous donnons le texte, tel qu'il a été reconstitué par les chercheurs contemporains, mais sans que nous puissions en garantir la rigueur : « Donne, d Dieu, ta protection et dans ta protection la force, et dans la force l'intelligence, et dans l'intelligence la science, et dans la science, la connaissance du bien, et dans la connais­sance du bien, l'amour de toute existence et dans l'amour de toute existence l'amour de Dieu et de toute bonté. » A noter que pour certains auteurs, la religion druidique procède de la philosophie pythagoricienne ; le texte de cette prière ne dément pas une telle hypothèse.

 GOULES

Sorcières qui déterraient les cadavres dans les cimetières « pour s'en repaître ». Cette acception procède de la notion de Gholes, spectres se nourrissant de sang humain selon la tradition rabbinique.

 GOUVERNAIL

En chiromancie, le gouvernail est la saillie que fait, sur le bord radial de la main, la tête du deuxième métacarpien. Plus cette saillie est développée plus est grande la volonté ou l'aptitude de mettre son énergie à la disposition de ses décisions.

 GRAAL

Si l'on considère les choses d'un point de vue purement historique, le Graal est un vase mystique que l'on croyait avoir servi à Jésus-Christ lorsqu'il célébra la dernière Pâque avec ses disciples, et que l'on croyait donc avoir contenu l'eau et le sang ayant coulé des plaies du Cru­cifié. Le vase était fait, dit-on, d'une seule pierre précieuse. Il jouissait notamment de la propriété de procurer une jeunesse éternelle à qui en était le possesseur. On ajoutait qu'il avait été porté en Bretagne (Angleterre) par Joseph d'Arimathie. Puis, à sa mort, il était passé entre les mains d'un de ses neveux..., puis, on perd sa trace. Plusieurs chevaliers ont entrepris de le retrouver, et c'est là le thème d'innombrables récits, contant leurs aven­tures imaginaires.

Se brochant sur ce récit sommaire, il résulte des recherches des histo­riens et mythologues d'une part, que la notion de Graal était née bien avant l'objet que la légende préceltique notamment connaissait un chaudron magique dont on ignore le nom, mais dont les vertus talismaniques étaient du même ordre que celles du Saint-Graal. Comme lui, il était l'enjeu d'exploits chevaleresques et d'aventures imaginaires composant un pré-cycle de la légende du roi Arthur. Le Graal proprement dit apparaît vers le début de -notre ère comme son nom l'indique (Gradalis du bas latin : sorte de vase ; crates du latin : coupe) ; il fait des miracles à Rome et en Grande-Bretagne, puis en 1102, il devient le partage des Génois et durant plusieurs siècles est montré aux fidèles de la cathédrale de Gênes. Au moment de la Révolution française, il est transporté à Paris par des Génevois et examiné par des archéologues. Cet examen démontra que le Saint-Graal n'était pas taillé dans une gigantesque émeraude, comme on le croyait, mais fait de verre coloré et très certainement d'origine antique.

Ensuite de quoi, il redisparut et jusqu'ici on ne retrouva plus sa trace.

 GRANDS INITIES

L'occultisme à la manière de la fin du siècle dernier a beaucoup parlé des Grands Initiés. Dans des livres tels que ceux de Ed. Schuré, on voit vivre Hermès, Orphée ou Jésus avec un relief plus littéraire que saisissant. Hermès Trismégiste est peut-étre un mythe ; Jésus est sûrement un homme dont nous ne savons pas grand-chose ; de tous les Initiés, on peut tout dire et c'est peut-être agréable pour les amateurs de vies romancées. Mais l'hermétisme n'y gagne rien, au contraire. On préfé­rerait qu'à l'exemple de Romain Rolland, les littérateurs nous parlent avec précision et profondeur des grands sages dont on sait quelque chose — ou adoptent, comme le fait Merejkowsky, le parti de commenter, en les citant, des documents dignes de foi.

 GRAPHISTIQUE

La graphistique est la science des écritures. Cette science comporte notamment ce qu'on appelle couramment la graphologie, science et art de découvrir les caractéristiques d'une personne à partir des caractéristiques de son écriture.

 GRAPHOMANCIE

On appelle graphomancie, pour la distinguer de la graphologie, l'art de deviner ce qui concerne une personne et de prédire son avenir, en prenant son écriture comme support de voyance. Sauf en ce qui concerne les prédictions de l'avenir, la graphomancie est utilisée bien plus souvent qu'on ne le croit et même plus souvent que ne le croient les opérateurs eux-mêmes. Quelquefois en effet, sur une base de départ purement objective, il arrive qu'un graphologue se mette à pratiquer la psychométrie. C'est alors une forme de voyance qui prend la place de l'interprétation psychologique proprement dite.

Les graphologues officiels voient généralement d'un assez mauvais mit ce mode peu graphologique d'interprétation des écritures. Leur point de vue est parfaitement justifié si l'on considère leur situation professionnelle et le devoir qu'ils ont de faire admettre la graphologie parmi les sciences psychologiques. Par ailleurs, il serait regrettable de faire perdre à la graphologie l'un de ses prolongements les plus féconds. La vérité est qu'il est facile et de bon ton de rayer l'intuition d'un trait de plume ; cela simplifie les calculs, évite les risques d'erreurs non vérifiables ou repêchables. Mais si la science même était privée de l'intuition, on ne voit plus bien de quelle substance elle alimenterait sa croissance. Quant au risque encouru, il n'est pas bien grand. A notre connaissance, le graphologue intuitif n'obtient pas de plus mauvais résultats que le graphologue scientifique, à valeur égale et à entraînement égal. Quant à la graphomancie proprement dite, elle relève de la voyance et l'écriture n'y joue qu'un rôle accidentel. En droit, elle ne fait donc de tort à personne.

 GRATIDIA

Devineresse qui trompa Pom­pée , comme le rapporte Horace : car lui ayant demandé l'issue de la guerre de Pharsale, elle l'assura qu'il serait victorieux ; néanmoins il fut vaincu.

 GRATOULET

Insigne sorcier qui apprenait le secret d'embarrer ou nouer l'aiguillette, et qui s'était vendu à Belzebuth. Il donna des leçons de sorcellerie à Pierre Au­petit, condamné en 1598.

 GREATRAKES (VALENTIN)

Empirique qui fit du bruit en Angleterre dans le dix-sep­tième siècle; il était né en Irlande en 1628. On ignore la date de sa mort. Il remplit de brillants emplois, mais il avait la tête déran­gée. En 1662, il lui sembla entendre une voix lui dire qu'il avait le don de guérir les écrouelles; il voulut en user et se crut même appelé à traiter toutes les maladies: ce qui lui attira une grande célébrité. Cependant une sentence de la cour de l'évê­que de Lismore lui défendit de guérir.

Sa méthode consistait à appliquer les mains sur la partie malade et à faire de légè­res frictions de haut en bas; était-ce du magnétisme? Il touchait même les possédés, qui tombaient dans des convulsions aussitôt qu'ils le voyaient ou l'entendaient parler. Plusieurs écrivains se moquèrent de lui. Saint Évremont écrivit contre la crédulité qu'on lui accordait. Mais Greatrakes a eu des défenseurs, et Deleuze, dans son histoire du magnétisme animal, l'a présenté sous un jour qui fait voir que c'était en effet un ma­gnétiseur.

 GRÉGOIRE VII (SAINT)

L'un des plus grands papes, sauva l'Europe au onzième siècle. Comme il fit de grandes choses pour l'unité, il eut des ennemis dans tous les hérétiques, et en dernier lieu dans les prote­stants, qui l'accusèrent de magie et même de commerce avec le diable. Leurs menson­ges furent stupidement répétés par les catho­liques. Ce saint pape vient d'être bien vengé; car l'histoire qui lui rend justice enfin est écrite par un protestant .

 GRÊLE

Chez les Romains, lorsqu'une nuée paraissait disposée à se résoudre en grêle, on immolait des agneaux; ou par quelque incision à un doigt on en faisait sortir du sang, dont la vapeur, montant jusqu'à la nuée, l'écartait ou la dissipait en­tièrement : ce que Sénèque réfute comme une folie.

 GRENADE

Les fleurs du grenadier sont le symbole de l'amitié parfaite parce que son fruit aux multiples grains désigne à la fois l'union et la fécondité. La grenade était le symbole de Proserpine. On donne aussi aux trois grains de grenade donnés par Proserpine à Perséphone la signification de la Connaissance.

 GRENAT

Portait le nom d'escarboucle. Cette gemme avait la vertu de guérir de l'insomnie, de fortifier le coeur et le cerveau, de guérir des sombres pensées et de protéger les enfants de la noyade. Par ailleurs le symbolisme du grenat, pour des raisons analogiques évidentes, est pour la plupart des auteurs parallèle au symbolisme du rubis. Pour quelques auteurs cependant, la couleur du grenat procédant du noir et du bleu pour une faible part, relève en partie des vertus jupitériennes et saturniennes. Il conviendra aussi plus particulièrement au mois du Scorpion qu'au mois du Bélier. De ce triple système de correspondances, il résulte que les vertus du grenat vont varier considérablement avec la signature planétaire et typologique de la personne qui va le porter.

 GRENIER (JEAN)

Loup-garou qui flo­rissait vers l'an 1600. Accusé d'avoir mangé des enfants, par Jeanne Garibaut et par d'autres, quoi qu'il eût à peine quinze ans, il avoua qu'il était fils d'une prêtre noir (prêtre du sabbat ), qui portait une peau de loup, et qui lui avait appris le métier. On ne sait ce que devint ce jeune homme.

 GRENOUILLE

Les Lamas expliquent les tremblements de terre par cette légende : « Lorsque Dieu eut formé la terre, il la reposa sur le dos d'une grosse grenouille, et toutes les fois que cet animal secoue la tête ou allonge les jambes, il fait trembler la partie de terre qui est en dessous. »

Des paysans qui se trouvaient sur le bord d'un marais refusèrent un peu d'eau à Latone qui fuyait ; pour les punir, elle les métamorphosa en grenouilles.

La Table Isiaque offre cet animal sur une table ou un autel.

Ces éléments mythologiques semblent assez anecdotiques. Cependant, il s'attache à la grenouille le sens de création rudimentaire de matière vivante infortunée à laquelle l'homme retourne par punition. Contrairement aux serpents, qui ont un symbolisme actif et une magie propre, ces batraciens ne figurent que la résultante de forces d'involution ou de forces évolutives larvaires. C'est à ce titre que la grenouille intervient dans le rituel de magie opératoire, mais y présente moins d'intérêt que le crapaud.

 GRIMALDI

Sous le règne de Louis le Débonnaire, il y eut dans toute l'Europe une maladie épidémique qui s'étendit sur les troupeaux. Le bruit se répandit dans le peuple que Grimaldi, duc de Bénévent, ennemi de Charlemagne, avait occasionné ce dégât en faisant répandre de tous côtés une poudre meurtrière par ses affidés. On arrêta un grand nombre de malheureux, soupçonnés de ce crime ; la crainte et la torture leur firent confesser qu'ils avaient en effet répandu cette poudre qui faisait mourir les troupeaux. Saint Agobard , archevêque de Lyon , prit leur défense et démontra que nulle poudre n'avait la vertu d'infecter l'air; et qu'en supposant même que tous les habitants de Bénévent, hommes, femmes, jeunes gens, vieillards et enfants, se fussent dispersés dans toute l'Europe, chacun suivi de trois chariots de cette poudre, ils n'auraient jamais pu causer le mal qu'on leur attribuait.

 GRIMOIRE

(Pour gramoire, du bas latin gramma, lettre). On appelle ainsi un livre de conjurations à l'aide duquel la magie peut provoquer des apparitions d'entités ou en réclamer l'aide. Les grimoires sont écrits dans une sorte d'argot kabbalistique, mêlé de mots étranges et tracés selon une typographie spéciale. On connaît en français trois grimoires :

1 °) le grimoire dit du Pape Honorius.

2 °) Les véritables Clavicules de Salomon.

3 °) Le Grand Grimoire, avec la grande Clavicule de Salomon et la Magie Noire.

Tout le monde sait qu'on fait venir le diable en lisant le Grimoire ; mais il faut avoir soin , dès qu'il paraît , de lui jeter quelque chose à la tète , une savate , une souris , un chiffon ; autrement on risque d'avoir le cou tordu.

Le terrible petit volume, connu sous le nom de Grimoire, autrefois tenu secret, était brûlé très justement dès qu'il était saisi. Nous donnerons ici quelques notes sur les trois Grimoires les plus connus.

Grémoire (sic) du pape Honorius, avec un recueil des plus rares secrets ; sous la rubri­que de Rome, 1670, in-16, orné de figures et de cercles. Les cinquante premières pages ne contiennent que des conjurations.

Dans le Recueil des plus rares secrets, on trouve celui qui force trois demoiselles à ve­nir danser le soir dans une chambre. Il faut que tout soit lavé dans cette chambre; qu'on n'y remarque rien d'accroché ni de pendu , qu'on mette sur la table une nappe blanche, trois pains de froment , trois sièges , trois verres d'eau; on récite ensuite une certaine formule de conjuration, et les trois per­sonnes qu'on veut voir viennent, se mettent à table et dansent , mais au coup de minuit tout disparaît.

On trouve dans le même livre beaucoup de bêtises de ce genre, que nous rapportons en leur lieu.

Grimorium verum, vel probatissimœ Solo­monis clavicule rabbini Hebraici, in quibus tum naturalia, tum supernaturalia secreta, li­cet abditissima, inpromptu apparent, modo operator pernecessaria et contenta facial; sciat lamen oportet dcemonum polentia dum­taxat peragantur : traduit de l'hébreu, par Plaingière, avec un recueil de secrets cu­rieux. A. Memphis, chez Alibeck l'Egyptien, 1517, in-16 (sic omnia), et sur le revers du titre: Les véritables clavicules de Salomon, à Memphis, chez Aliheck l'Egyptien, 1517.

Le grand Grimoire avec la grande clavicule de Salomon, et la magie noire ou les forces infernales du grand Agrippa, pour décou­vrir les trésors cachés et se faire obéir a tous les esprits; suivis de tous les arts magi­ques, in-18, sans date ni nom de lieu.

Ces deux grimoires contiennent, comme l'autre, des secrets que nous donnons ici aux divers articles qu'ils concernent.

Voici une anecdote sur le grimoire :-Un petit seigneur de village venait d'emprunter à son berger le livre du grimoire, avec lequel celui-ci se vantait de forcer le diable à pa­raître. Le seigneur, curieux de voir le dia­ble, se retira dans sa chambre et se mit à lire les paroles qui obligent l'esprit de ténè­bres à se montrer. Au moment où il pronon­çait, avec agitation, ces syllabes niaises qu'il croyait puissantes, la porte, qui était mal fermée, s'ouvre brusquement: le diable pa­raît, armé de ses longues cornes et tout cou­vert de poils noirs... Le curieux seigneur perd connaissance et tombe mourant de peur sur le carreau, en faisant le signe de la croix.

Il resta longtemps sans que personne vînt le relever. Enfin il rouvrit les yeux et se re­trouva avec surprise dans sa chambre. Il visita les meubles pour voir s'il n'y avait rien de dégradé : un grand miroir qui était sur une chaise se trouvait brisé; c'était l'oeu­vre du diable. Malheureusement pour la beauté du conte, on vint dire un instant après à ce pauvre seigneur que son bouc s'était échappé, et qu'on l'avait repris devant la porte de cette même pièce où il avait si bien représenté le diable. Il avait vu dans le miroir un bouc semblable à lui et avait brisé la glace en voulant combattre son om­bre.

 GRISGRIS

Nom de certains fétiches chez les Maures d'Afrique, qui les regardent comme des puissances subalternes. Ce sont de pe­tits billets sur lesquels sont tracées des figu­res magiques ou des pages du Koran en ca­ractères arabes ; ces billets sont vendus assez cher, et les habitants les croient des préser­vatifs assurés contre tous les maux. Chaque grisgris a sa forme et sa propriété.

 GROSSESSE

L'état de grossesse a été pendant longtemps considéré comme suspect du point de vue magique tout au moins dans la civilisation chrétienne. Est-ce le fait que la grossesse est le fruit visible de l'oeuvre de chair ? On ne sait. Ce qu'on sait dans cet ordre d'idées, c'est qu'un Concile s'est spécialement réuni à Rouen au xve siècle pour débattre la question de savoir si l'on devait ou non accorder les derniers sacrements aux femmes mourant en état de grossesse car bien des paroisses les refusaient, de fait. On a argué que les femmes, dans cet état, contenaient un enfant non baptisé... ce qui constitue un prétexte logique dont on peut difficilement se contenter. Dans la croyance populaire, la femme enceinte était impure. Il arrivait même, disait-on, qu'elle voie son image bestialisée ou déformée en se regardant dans un miroir, etc. On ne peut s'empêcher d'évoquer cette phrase monstrueuse de J.-K. Huysmans (La Cathédrale) dans laquelle il proclame son « horreur des gésines » qui se perpètrent partout dans le monde phrase écrite de nos jours au moment où l'auteur, transporté de foi chrétienne, redécouvrait avec Chartres un état de conscience moyenâgeux.

 GRUE

La grue était chez les Anciens un symbole de prudence et de vigilance. On a donné à une république où chacun à son tour peut tenir le premier rang dans le gouvernement, cette devise : « Acternis agmina ducunt » illustrant un écusson sur lequel on voit des grues marchant l'une derrière l'autre.

Les grues passent pour des augures favorables. Elles n'ont pas de valeur symbolique ou magique intéressante à signaler.

 GTOUMO

Nom thibétain désignant d'une façon générique l'idée (ou le principe) de chaleur, sur différents plans allant du plus matériel au plus subtil. Grâce à un entrainement respiratoire et mental approprié et à un état de concentration obtenu grâce aux formules convenables, les experts en gtoumo peuvent vivre nus dans les neiges du Thibet. D'autres se couvrent de draps plongés dans l'eau glacée et les sèchent sur leur dos. Il existe des ascètes qui vivent nus, leur vie durant, sur des montagnes solitaires, à très haute altitude, dans un état de plénitude mystique.

 GUI DE CHENE

On lui attribuait des vertus merveilleuses dont celle d'éviter l'épilepsie, d'éviter d'être blessé et celle d'être sûr d'atteindre l'ennemi. Les Germains le vénéraient sous le nom de gutheyl et aujourd'hui encore la coutume demeure dans la haute Allemagne de courir le premier jour de l'année de maison en maison en criant : « Gutheyl ! Gutheyl ! ». Les Gaulois le cueillaient en grande cérémonie. Le gui jouait aussi un rôle important dans les initiations celtiques, d'où le nom qu'il porte encore dans certaines régions de France : « l'arbrisseau des spectres ».

 GURME

Chien redoutable, espèce de Cerbère de l'enfer des Celtes. Pendant l'existence du monde, ce chien est attaché à l'entrée d'une caverne; mais au dernier jour il doit être lâché, attaquer le dieu Tyr ou Thor, et le tuer.

 GUTHEYL ou GUTHYL

Nom sous lequel les Germains vénéraient le gui de chêne. Ils lui attribuaient des vertus merveilleuses, particulièrement contre l'épilepsie, et le cueil­laient avec les mêmes cérémonies que les Gaulois.

Dans certains endroits de la Haute Allemagne, cette superstition s'est conservée, et les habitants sont encore aujourd'hui dans l'usage de courir de maison en maison et de ville en ville, en criant : « Gutheyl ! Gutheyl !

Des Septentrionaux s'imaginaient qu'un homme, muni de gui de chêne, non seulement ne pouvait être blessé, mais était sûr de blesser tous ceux contre lesquels il lançait une flèche. C'est à cause de ces vertus ma­giques, attribuées au gui de chérie, qu'on l'appelle en Alsace Marentakein, c'est-à-dire arbrisseau des spectres.

 GYMNOSOPHISTES

Philosophes ainsi nommés parce qu'ils allaient nus ou sans habits. Chez les démonomanes, les gymnosophistes sont des magiciens qui obligeaient les arbres à s'incliner et à parler aux gens comme des créatures raisonnables.

Le Conseiller de Lancre raconte au sujet d'Apollonius de Tyane, qu'un gymosophiste commanda à un arbre de se baisser pour le saluer et de lui adresser un compliment, ce que fit l'arbre aussitôt d'une voix féminine. Les gymosophistes, magiciens, vivant nus, dont l'histoire proprement dite ne porte pas trace, auraient eu des pouvoirs extraordinaires. On ne sait ce qu'il faut penser de celui de faire courber les arbres et de leur prêter la parole... mais on prétend que les Evangiles apocryphes racontent le même fait concernant le Christ.

 GYROMANCIE

Sorte de divination qui se pratiquait en marchant en rond, ou en tournant autour d'un cercle, sur la circonférence duquel étaient tracées des lettres. A force de tourner on s'étourdissait jusqu'à se laisser tomber, et de l'assemblage des carac­tères qui se rencontraient aux divers endroits où l'on avait fait des chutes, on tirait des présages pour l'avenir.