EAU

Presque tous les anciens peuples ont fait une divinité de cet élément, qui, sui­vant certains philosophes, était le principe de toute chose. Les Guèbres le respectent ; un de leurs livres sacrés leur défend d'em­ployer l'eau la nuit et de jamais emplir tout à fait un vase d'eau pour la faire bouillir, de peur d'en renverser quelques gouttes.

Les cabalistes peuplent l'eau d'Ondins.

Quatrième des éléments. Symboliquement, l'elément Eau signifie fécondité, plasticité, féminité, réceptivité, pureté. Tous les autres attributs traditionnels de l'Eau dérivent de ces propriétés. Du point de vue psychologique, l'eau symbolise à la fois le psychisme, l'élément col­lectif et l'élément maternel).

 EAU AMÈRE (EPREUVE DE L')

Elle avait lieu ainsi chez les anciens Juifs : lorsqu'un homme soupçonnait sa femme en mal, il de­mandait qu'elle se purgeât selon la loi. Le juge envoyait les parties à Jérusalem, au grand consistoire, composé de soixante vieil­lards. La femme était exhortée à bien regar­der sa conscience, avant de se soumettre au hasard de boire les eaux amères. Si elle per­sistait à dire qu'elle était nette de péché, on la menait à la porte du Saint des Saints, et on la promenait afin de la fatiguer et de lui laisser le loisir de songer en elle-même. On lui donnait alors un vêtement noir. Un prêtre était chargé d'écrire son nom et toutes les paroles qu'elle avait dites; puis, se faisant ap­porter un pot de terre, il versait dedans,avec une coquille, la valeur d'un grand verre d'eau ; il prenait de la poudre du tabernacle, avec du jus d'herbes amères, raclait le nom écrit sur le parchemin, et le donnait à boire à la femme, qui, si elle était coupable, aus­sitôt blêmissait; les yeux lui tournaient, et elle ne tardait pas à mourir; mais il ne lui arrivait rien si elle était innocente.

 EAU BENITE

C'est une coutume très an­cienne dans l'Eglise, et de tradition apostoli­que, de bénir, par des prières, des exor­cismes et des cérémonies, de l'eau dont on fait des aspersions sur les fidèles et sur les choses qui sont à leur usage. Par cette bé­nédiction, l'Eglise demande à Dieu de puri­fier du péché ceux qui s'en serviront, d'é­carter d'eux les embûches de l'ennemi du salut et les fléaux de ce monde. Dans les constitutions apostoliques, l'eau bénite est appelée un moyen d'expier le péché et de mettre en fuite le démon.

On se sert aussi au sabbat d'une eau bé­nite particulière. Le sorcier qui fait les fonc­tions sacrilèges (qu'on appelle la messe du sabbat) est chargé d'en asperger les assis­tants.

 EAU BOUILLANTE (EPREUVE DE L')

On l'employait autrefois pour découvrir la vé­rité dans les tortures qu'on appelait témé­rairement jugements de Dieu. L'accusé plon­geait la main dans un vase plein d'eau bouillante, pour y prendre un anneau sus­pendu plus ou moins profondément. Ensuite on enveloppait la main du patient avec un linge sur lequel le juge et la partie adverse apposaient leurs sceaux. Au bout de jours on les levait; s'il ne paraissait de marques de brûlure, l'accusé était renvoyé absous.

 EAU FROIDE (EPREUVE DE L')

Elle était fort en usage au neuvième siècle, et s'étendait non seulement aux sorciers et aux hérétiques, mais encore à tout accusé dont crime n'était pas évident. Le coupable, ou prétendu tel, était jeté, la main droite lié pied gauche, dans un bassin ou dans grande cuve pleine d'eau, sur laquelle on priait pour qu'elle ne pût supporter un criminel : de façon que celui qui enfonçait était déclaré innocent.

EAU LUSTRALE ( UTILISATION )

Eau commune dans laquelle, chez les peuples païens, on éteignait un tison ardent tiré du foyer des sacrifices. Quand il y avait un mort dans une maison on mettait à la porte un grand vase rempli d'eau lustrale, apportée de quelque autre maison où il n'y avait point de mort. Tous ceux qui venaient à la maison en deuil s'aspergeaient de cette eau en sortant. - Les druides employaient l'eau lustrale à chasser les maléfices.

EAU LUSTRALE

Il s'agit tout simplement de rosée.Traditionnellement,on la recueille après une nuit de pleine lune sans nuages,en "caressant" l'herbe avec une serviette de lin blanc ou un morceau de coton,qui sont ensuite essorés au dessus d'une coupe de cristal. L'eau ainsi recueillie sera consacrée avec cette formule:

"sit haec sancta,et innocens créatura,libera ab omni impurgnatoris incursu,et totius nequitiae purgata discessu.Sit fons vivus,aqua regenerans,unda purificans:ut omnes hoc lavacro salutifero diluendi,operante in eis spiritu sancto,perfectae purgationis indulgentiam consequantur.AMEN."

"Par le saint nom,cette innocente créature va être libérée de toutes impuretés,le mauvais en sera complètement expulsé et dissoud. Cette source vivante,eau régénérée,onde purifiante dans laquelle toute chose baignée deviendra salutaire par l'opération du saint esprit ,parfaitement purifié et ceci durablement. AMEN".

EBLIS

Nom que les mahométans donnent au diable. Ils disent qu'au moment de la naissance de leur prophète, le trône d'Eblis fut précipité au fond de l’enfer, et que les idoles des gentils furent renversées.

ECLIPSES

On considérait, dans l'Antiquité, les éclipses comme de funestes présages. Leur origine était souvent attribuée aux visites que Diane ou la Lune faisait à Endymion, petit-fils de Jupiter qui l'avait admis dans le ciel et lui aurait demandé ce qu'il aimerait le mieux. Endymion aurait sollicité de dormir toujours sans être sujet ni aux atteintes de la vieillesse. ni de la mort. C'est pendant son sommeil que la Lune, éprise de sa beauté, venait le visiter toutes les nuits dans une grotte du Mont Latmos, et en eut cinquante filles et un fils. Une légende identique se rapporte à Isis ; elle était le sujet de fêtes où l'on plaçait une Isis avec son croissant et à ses côtés un Horus endormi. On faisait alors un énorme vacarme à l'aide de chaudrons, de timbales et de tambours, afin de le réveiller. On prétendait aussi en Thessalie, où les herbes venimeuses étaient plus nombreuses, que les magiciennes avaient le pouvoir d'attirer la lune sur la terre par leurs enchantements, et qu'il fallait faire un grand bruit à l'aide de chaudrons pour l'empêcher d'entendre les cris des magiciennes. Les Lapons sont per­suadés que ce sont des démons qui dévorent la Lune, aussi tirent-ils des coups de fusil vers le ciel pour secourir cet astre. Sur la côte de Malabar, on croyait que c'était un dragon qui dévorait la Lune, aussi les habitants sortaient-ils de leurs maisons en poussant des hurlements pour épouvanter le dragon.

En Chine, un empereur publia à l'occasion d'une éclipse une déclara­tion prétendant que le ciel annonçait par ce phénomène une grande cala-mité prête à tomber sur lui et sur son peuple. Aussi les Chinois, dès qu'une éclipse s'annonce, se prosternent-ils en se frappant le front contre terre, tandis que des tambours et des timbales retentissent. Dans certaines régions de Chine, on croit encore qu'un mauvais génie cache le soleil de sa main droite et la lune de sa main gauche.

ECREVISSE ou CANCER

Animal que Junon envoya contre Hercule quand il combattit l'hydre, et dont il fut mordu au pied. Junon le mit au nombre des signes du Zodiaque. On représente, d'autre part, Amphitrite, en sirène, ayant des écrevisses dans les cheveux. Pour l'interprétation symbolique.

ECRITURE AUTOMATIQUE

L'écriture automatique est un dispositif employé par le médium en état de transe pour laisser aux Esprits le moyen de s'exprimer. Le médium s'installe devant sa table, crayon en main. Puis la transe s'installe et le crayon commence à courir sur le papier. Les messages ont un intérêt proportionnel aux facultés de voyance du médium. Deux dispositifs s'écartent du précédent:

1°) Dans une boite fermée, on laisse un papier blanc et un crayon. Au cours de la séance et par un phénomène de télergie ou de lévitation, le crayon s'agite et on l'entend s'agiter dans la boite. Après la séance, on voit que le crayon a tracé sur le papier un message intelligible. On trouve de nombreux récits d'une telle expérience (réalisée sous des formes variées), mais aucun d'eux n'est très probant quant aux précautions prises pour éviter la supercherie. 2°) Dans la meilleure expérience à laquelle nous ayons personnellement assisté, le sujet (un amateur) était assis devant sa table, en pleine lumière, un stylogra­phe à la main, gardant une attitude parfaitement naturelle et adaptée, fumant d'ailleurs et participant à la conversation générale. Puis la main traçait len­tement et par saccades des mots et des dessins à la grande joie de l'opé­rateur d'ailleurs, qui ne ménageait pas ses réflexions spirituelles : « On dirait un tel déguisé en cheval ! » « Non, ça devient plutôt un escargot ! »

« Cette fois, ça ne veut rien dire du tout ! » « Tiens, on dirait du chinois. » Mais le message étant terminé, il se trouvait :

1 °) que les dessins étaient parfai­tement dessinés, et assez beaux ;

2 °) que les caractères chinois avaient effectivement une signification en chinois — langue que l'opérateur ignorait formellement ; 

3 °) que le message s'adressait à l'un des assistants et défi­nissait avec une précision un peu génante des circonstances passées et proches dans lesquelles ses opérations financières entretenaient des rapports un peu étroits avec ses fonctions sociales. L'expérience fut renou­velée plusieurs fois. Quelques parties de message étaient ininterprétables ; mais celles qui étaient claires étaient même explicites et souvent indiscrètes concernant notamment des personnes amenées par nous et dont l'opérateur ignorait tout, même l'existence.

En un mot, la meilleure écriture automatique, comme la meilleure voyance, se fait au grand jour et sans préparatifs, sans matériel, sans décorum, sans transe et sans mystère. C'est la meilleure en vertu de cette loi générale : plus le support est complexe et les conditions de son usage étroites, plus. la pensée intuitive est conditionnée et limitée.

ECTOPLASME

L'ectoplasme, dit aussi matérialisation alors que ce terme désigne le processus et non la chose est la forme matérielle que prend le « fluide » psychique. Comme ce « fluide » est une force, il faut, selon les opinions les plus couramment admises, lui fournir le matériau élémentaire (cire, matière plastique quelconque). La force psychique y inscrit alors sa forme. Les spirites et aussi les métapsychistes montrent de tels moulages qui représentent souvent une main ou encore des formes indéfinissables. Il semble que certaines matérialisations réalisées par les métapsychistes scientifiques l'ont été dans des conditions de con­trôle très satisfaisantes. Toutefois, nous n'avons pas d'expérience person­nelle de la question, et l'examen des documents qui lui sont consacrés, tout en offrant parfois des garanties morales certaines, ne semblent pas constituer une armature homogène ni définitive.

EGITHE

Sorte d'épervier boiteux qui était du meilleur présage pour les mariages et les bestiaux.

EGO

Nom latin du Moi, dont il est souvent question en hermétisme. C'est que toute l'ascèse hermétique vise précisément à briser la pri­son du moi pour atteindre au soi impersonnel qui est notre vraie nature. Parmi les ascèses religieuses, et dont l'ordre d'importance numérique des religions, il faut préciser :

1 °) que le Bouddhisme vise à la participation au soi et à la destruction du Moi.

2 °) Que l'Islamisme est aussi une tendance à la participation en un Principe divin impersonnel mais où le moi conserve de notables prérogatives.

3 °) Que pour le Christianisme, il n'y a pas de soi, mais la Présence d'un Dieu personnel et, corrélativement, sauvegarde intégrale des prérogatives du Moi dans cette vie et dans l'autre.

4 °) Que la situation du problème est la même dans la religion juive. Toutes les positions gnosticistes et panthéistes posent en principe le caractère accidentel et regrettable de l'Ego et la philosophie qui se dégage objectivement de la psychanalyse explique aujourd'hui comment s'enchaînent les différen­tes conceptions de l'Ego sur le fil de l'évolution.

ELEMENTS

Les quatre éléments sont les constituants de base de la Nature. C'est ce que la Bible exprime en décrivant la création comme une séparation de la terre et des eaux, de l'ombre et de la lumière. Les quatre éléments sont en effet le Feu, la Terre, l'Air et l'Eau ; ils s'opposent deux à deux ; leurs propriétés ou manifestations directes sont le chaud et le froid, le sec et l'humide. En se combinant deux à deux, ils partagent quatre modes naturels que l'on retrouve dans toutes les classifications tra­ditionnelles, celle des tempéraments par exemple (le tempérament sanguin correspond à la combinaison chaud-humide, lymphatique à la combinaison froid-humide, bilieux à chaud-sec, enfin nerveux à froid-sec).

Comme on le voit, les éléments ne s'entendent pas seulement du monde physique, mais aussi du monde vivant dans la mesure où le vivant procède du monde physique et de ses principes Feu, Terre, Air, Eau.

Par surcroît, et rien que sur ce plan, et les plans analogi­ques qui leur correspondent, les éléments expliquent un nombre considérable de choses nous voulons dire que la nature même des Pôles Feu, Terre, Air, Eau explique mieux que toute autre hypothèse la répartition des pro­priétés de la nature physique considérées selon une division quaternaire. Là où les axes Feu, Eau, Terre, Air manquent leur but, c'est quand on les applique à la vie. Car la vie ajoute une cinquième dimension à la nature ; elle lui restitue son dynamisme. Ce cinquième élé­ment (le temps, le sang, le milieu des Chinois, le Principe, etc.), est indispensable pour l'interprétation des formes supérieures de la vie.

ELEPHANT

Dans la mythologie grecque, cet animal est symbole de tempérance, de l'éternité, de pitié, de puissance souveraine et des jeux publics. Il fut monté par Bacchus à son voyage aux Indes et on le représente souvent monté d'un enfant armé de flèches. Il est consacré à Pluton. L'Eléphant Blanc est sacré aux Indes, ses soins, promenades et bains sont rituels, parce que Ganeska, Dieu de la Sagesse dans l'Indoustan, est représenté avec une tête d'éléphant, symbole du discernement et de la sagacité ; il est accompagné d'un rat, que les Indiens considèrent comme un animal sage et persévérant.

Cette double symbolique souffre une explication commune quant à la tempérance, la sagesse, l'éternité et l'intelligence : cet animal est, en effet, connu pour son poids (gravis, grave), sa lenteur (le diable est, au contraire, l'agitation), son intelligence et sa longévité. Par ailleurs, il est la monture de Bacchus ou d'Eros, et présente aussi des analogies avec le Verseau (comme l'indiquent certaines anecdotes mythologiques). A ce titre, il correspond aux plaisirs permis et même sacrés c'est-à-dire de ceux qu'il est possible de prendre sans limites à partir du moment où l'homme domine son instinct par la maîtrise (Ganesha tient sa trompe dans sa main).

Le fétichisme de l'éléphant blanc procède des pratiques religieuses ci-dessus signalées, de même que celui de poil d’éléphant, qu’on monte en bague ou en bracelet.

ELEUSIS ( MYSTERES D’ )

Ces mystères eurent une célébrité et une influence considérables, ils furent le centre de la vie religieuse grecque et se poursuivirent du vin` siècle avant Jésus-Christ, jusqu'en l'an 396 de notre ère. L'Etat les protégeait, les poètes et les artistes les glorifiaient. Ils comprenaient différentes cérémonies initiatiques dont seulement certains aspects nous sont connus, parce qu'ils dépendaient d'un secret absolu qui fut respecté.

Cependant, à travers ce qui demeure incertain, il s'avère qu'ils se divisaient en deux parties :

1°) La partie orphique, qui avait pour centre Zagreus. Elle était célé­brée dans un faubourg d'Athènes, à Agré, et s'appelait les « Petits Mystères ».

2°) La partie éleusienne, qui avait lieu à Eleusis, et qui avait pour centre les mystères de Demeter et Coré. Elle se nommait les « Grands Mystères ».

La première partie était la préparation qui procurait la palingénèse en Zagreus. Le néophyte devait Obligatoirement s'y soumettre pour être admis à la seconde, et atteindre l' « époptéia », vision suprême qui couronnait son initiation.

Le mystère orphique est né du rite orgiaque et extatique du culte de Dionysos. On le prétendait importé en Grèce par le chantre Orphée de Thrace dont il garda le nom. On s'y soumettait à des exercices qui sui­vaient le mythe de Dionysos, fils de Zeus et de Séléné, remplaçant leur premier fils Zagreus que Zeus avait eu de Coré et qui fut tué et dévoré par les Titans. Il fallait s'y délivrer de sa nature titanique pour libérer sa seconde nature dionysiaque mêlée à l'âme.

Le contenu de ces mystères acquit un degré si élevé, qu'ils exercèrent une influence considérable sur de grands esprits comme ceux d'Eschyle, Pindare, Héraclite et Platon. Il fournit les éléments fondamentaux de la théologie de saint Paul 

Nous en connaîtrions bien davantage si, en l'an 396 de notre ère, les moines d'Alaric n'avaient détruit les sanctuaires et tout ce qui en demeurait, à l'exception de la « Villa des Mystères », qui fut découverte en 1910.

Les fresques qui se développent au long des murs des différentes salles de cette villa permettent de suivre tout le rituel des mystères qui s'y célé­braient, et de là, révèlent la forme même de l'initiation qui y était donnée. La disposition des locaux est celle d'un « bakchéion » orphique d'Athènes, découvert il y a quelques années. Elle comprend une grande salle d'initia­tion ou « Stibade » à laquelle on accédait après avoir célébré les sacrifices préparatoires dans d'autres plus petites pièces.

Il semble, d'après les fresques, que la Villa des Mystères ait été sur-tout un centre initiatique de femmes, puisque les sept panneaux qui la for-ment ont pour personnage principal une femme entourée surtout de femmes. Elle apparaît dans le premier épisode revêtue de la sindoue

Eros lui présentant un miroir tandis qu'une autre figure d'Eros tient son arc tendu. Une prêtresse assiste à son engagement. Dans le second tableau, elle s'approche d'un enfant nu chaussé de brodequins dionysiaques (emba­dès) qui lui lit un rituel, tandis que la prêtresse en garde un second non déroulé. Une femme apporte un plat pour le repas sacré. Au troisième ta­bleau, la néophyte, instruite, participe à la cérémonie du repas lustral. Elle est toujours revêtue de la sindoue, mais a la tête découverte et couronnée de myrtes. Au quatrième tableau, a lieu la communion. Un satyre et une satyresse assis sur une plinthe l'attendent. Le premier satyre joue d'un ins­trument combinant la flûte et le syrinx et observe un faon qui allonge son museau vers la satyresse qui lui tend son sein. Un autre faon, attentif, l'at­tend. On sait que Dionysos, enfant, fut transformé en chevreau par Zeus afin de le soustraire à la colère de Héra. Cette scène se complète par un Silène qui joue de la lyre, le visage extatique et le corps presque nu. Cette scène symbolise typiquement le mythe dionysiaque : l'afflux du lait, l'allai­tement du faon par la bacchante ; la communion sexuelle et d'identification. On a retrouvé, gravées sur les tablettes d'or enfouies avec les initiés à Sybarès, les paroles que le mort devait prononcer en apparaissant à Perséphone : « Moi, chevreau, j'ai trouvé le lait ». La cinquième partie est celle où la future initiée commence à vivre de la vie du Dieu, mais doit connaître encore une épreuve. Un Silène tient un vase hémisphérique, en argent, dans lequel se mire un jeune homme. Mais le visage qu'il y découvre n'est que le reflet d'un masque grimaçant que tient un autre jeune Silène. Ce masque est celui de Dionysos torturé, et le jeune homme fixant le miroir magique voit s'y dérouler la vie du Dieu. Il assiste à la scène terrible où il fut mis en morceaux et dévoré par les Titans et, s'identifiant à Dionysos, il doit lui-même subir les mêmes tortures et suivre les phases du Dieu pour renaître avec lui. La néophyte, terrifiée, a un geste de recul, mais elle sait qu'elle doit elle-même subir la même passion, passer par cette mort mysti­que pour être digne de s'unir à Dionysos. C'est cette union que symbolise le sixième panneau. Nous y voyons Dionysos à demi allongé contre Coré qui le tient contre sa poitrine, le pied droit déchaussé suivant le rite sacré, assistant sereinement à la flagellation infligée par une figure ailée qui porte un rituel à sa ceinture. C'est Téléné, la fille de Dionysos, qui opère l'ini­tiation, tandis que deux prêtresses, dont l'une tient un vase de feuilles de pin, se tiennent à ses côtés. La néophyte, qui vient de découvrir un énorme phallus dans une corbeille sacrée (Liknon), semble implorer Téléné qui, sans l'écouter, dresse la verge qui sert à la flagellation rituelle. Cette scène s'achève par le septième tableau, représentant l'initiée nue dansant, assistée par une prêtresse tenant un thyrse. Elle n'est plus une néophyte, mais une bacchante, ivre de joie, participant à la vie de Dionysos.

Les mystères d'Eleusis étaient faits pour exciter l'imagination des occultistes de bureau ; ils ont été l'objet d'une immense littérature. Plutôt que de nous faire l'écho de quelque « arrangement au goût du public », nous préférons laisser parler d'elle-même l'iconographie. Il faut prendre le rituel qui s'y trouve au pied de la lettre, car il ne fait pas de doute que l'initiation dionysiaque ait comporté le développement concret d'une série .d'épreuves. Mais il ne faut pas s'arrêter à ce fait : chaque épreuve correspond à un travail psychique intérieur dont le secret a dû être purement oral et dont la direction était confiée à des prêtres ou prêtresses initiés sachant exactement en quoi il devait consister. On peut, sinon la décrire à coup sûr, du moins en deviner l'orientation générale. Si sa forme nous déconcerte un peu, c'est que nous avons perdu le secret des équilibrations harmonisantes et libératoires par le rite. Toute cette palingé­nésie centrée sur Dionysos correspond à une bonne moitié des besoins profonds de l'humanité. Elle est parallèle à d'autres initiations et c'est aussi grâce à ce parallélisme qu'il est possible d'en saisir le sens. Comme toutes les autres initiations, celle-ci mène à une Vie nouvelle ; comme toutes les autres, elle donne lieu à des sous-produits rituels qui tiennent lieu d'exu­toire collectif ; et c'est ce dernier aspect que retient surtout l'histoire, plus avide de pittoresque que respectueuse de la plénitude qu'il cache. Cette plénitude est, ici, inhérente à la force fécondante symbolisée par Dionysos et le lecteur peut en découvrir la sève en parcourant les différents articles de ce dictionnaire (DIABLE, PREMIER MAI, PHALLUS, SERPENT, etc...).

ELFES

La mythologie scandinave appelle de ce nom des génies gouvernés par un Roi. Elle les distingue en elfes des ténèbres et elfes de la lumière ; ces derniers sont immortels. Au point de vue classification, les elfes ont toutes les caractéristiques des génies au sens ancien du mot.

ELIXIR DE VIE

L'élixir de vie n'est au­tre chose, selon le Trévisan, que la réduction de la pierre philosophale en eau mercurielle; on l'appelle aussi or potable. Il guérit toutes sortes de maladies et prolonge la vie bien au delà des bornes ordinaires. L'élixir parfait au rouge change le cuivre, le plomb, le fer et tous les métaux en or plus pur que celui dès mines. L'élixir parfait au blanc, qu'on ap­pelle encore huile de talc, change tous les mé­taux en argent très-fin.

ELIE

Les Orientaux en font un puissant magicien.

ELOSSITE

Pierre qui a la vertu de guérir les maux de tête.

ELXAI ou ELCESAI

Chef des elcésaïtes, hérétique du deuxième siècle, qui faisait du Saint-Esprit une femme, et qui proposait une liturgie dont les prières étaient des jure­ments absurdes.

EMAGUINQUILLIERS

Race de géants, serviteurs d’Iamen, dieu de la mort chez les Indiens. Ils sont chargés de tourmenter les méchants dans les enfers.

EMERAUDE

Les Musulmans croyaient que la pierre appelée Sakhrat, qui fut le fondement de la montagne entourant le monde, était une énorme émeraude dont une seule parcelle permettait de faire des mira­cles, parce qu'elle reflète le monde. Au Pérou, une émeraude de la dimen­sion d'un oeuf était adorée ; le peuple lui apportait en quantité de petites émeraudes qui lui servaient de filles.

Les rois d'Israël portaient des émeraudes et possédaient notamment l'Ephod-oracle, contenant deux émeraudes servant à consulter Dieu.

En France, on attribuait à l'émeraude la vertu de guérir le mal caduc d'accélérer l'enfantement (on l'attachait alors à la cuisse), de réduire la dysenterie et de combattre les effets des morsures de serpents.

Dans ce mélange de superstitions et de mythes, on démêle un rôle primordial de la pierre verte dans l'histoire du monde. Il se peut qu'elle soit apparentée à la Déesse verte (ou Vierge noire), matière première de la nature vivante.

ENCENS

Son usage en Grèce ne fut admis qu'après la guerre de Troie. Il était employé dans les sacrifices aux divinités. Les Arabe: observaient une chasteté absolue quand ils le recueillaient et, si personne n'en prenait la garde, il n'était pourtant jamais dérobé, tant il était considéré comme le privilège des dieux. La mythologie judéo-chrétienne a repris grosso modo les attributs du symbole et l'on voit l'encens brûler dans les églises car il avait été apporté par l'un des Mages en offrande à Jésus (avec l'or et la myrrhe). La fumée de l'encens est, au fond, celle des sacri­fices, mais ici, une fumée odorante. Sa valeur ne diffère pas de celle des aromates qui se consument dans les brûle-parfums de tous les temples de toutes les divinités du monde oriental, occidental ou africain et de tous les temps.

Son emploi en magie blanche procède du même symbolisme et favorise les évocations d'entités bénéfiques. Dans la mesure où les deux sont une exaltation du plan psychique (entre autres choses), l'emploi des fumées d'encens constitue un procédé à la fois naturel et symbolique.

ENCHANTEMENT

(Même étymologie que le mot INCANTATION). Désigne toutes manoeuvres magiques bénéfiques ou maléfiques communément désignées sous le nom de sorts.

ENCHIRIDION

Recueil de formules magiques réunies par le pape Léon III à l'intention de Charlemagne du moins selon la croyance admise.

ENDOSCOPIE

Voir au mot AUTOSCOPIE.

ENGASTRIMANDRES

Devins dont les ventres prophétiques prononçaient des oracles. Les Engastrimythes, prêtresses d'Apollon, rendaient leurs oracles sans remuer les lèvres. Il s'agit évidemment de ventriloques.

ENIGME

Voir SPHINX.

ENOPTROMANCIE

Divination par le truchement d'un miroir magique qui montrait l'avenir même à ceux qui avaient les yeux bandés.

ENTITES

On appelle Entité, au sens courant, une notion mais alors que le terme de notion est générique ou concerne plus spécialement une chose non vivante (la notion de vase, la notion de vertu), l'entité est la notion d'un être vivant (l'entité d'être humain, l'entité divine). Aussi diverses métaphysiques ont-elles employé le mot pour désigner des Esprits — soit humains, soit désincarnés, soit des démons, etc...

ENVOUTEMENTS

L'envoûtement est une pratique magique ayant pour but et pour effet d'atteindre un être humain dans sa santé, dans sa personne, dans ses proches ou dans ses biens. Il y a un envoûtement d'amour et un envoûtement de haine. C'est généralement de ce dernier qu'on parle quand on emploie le mot envoûtement seul. Il est inutile d'insister sur les procédés opératoires de l'envoûtement. Tous relèvent de ce prin­cipe qu'il existe une participation magique entre un être et le support qu'on y fait correspondre, que l'atteinte du support conditionne l'atteinte de l'être.

EPERVIER

Cet oiseau était en grande vénération en Egypte parce qu'il figurait Osiris. On représentait souvent ce Dieu avec une tête d'épervier. On sait d'autre part que l'épervier a un vol rapide, une vue perçante et qu'il peut fixer le soleil sans sciller. C'est pour ces raisons qu'il était le symbole du Soleil. Il existe en Egypte un temple consacré aux éper­viers à Ieracopolis, ville appelée pour cette raison la ville des éperviers. En Grèce, cet oiseau était consacré au Soleil dont il était considéré être le fidèle et rapide messager. Il servait aussi aux présages et surtout à ceux qui devaient renseigner sur la vie sentimentale parce qu'il était aussi un des symboles de Junon, ayant comme cette déesse la vue fixe et perçante, lorsque la jalousie l'animait.

EPHESIA GRAMMATA

Formule magique des Ephésiens permettant d'obtenir qu'un voeu soit immédiatement exaucé. Epreuves.

EROMANCIE

Divination par l'air ou les liquides en ébullition pratiquée en Perse dans l'antiquité.

ESCARBOUCLE

Les Anciens lui attribuaient la vertu de résister au feu, de détourner les songes, d'arrêter la fluxion des yeux, etc...

ESPRIT

En mythologie musulmane, Esprit est le nom propre d'un ange dont parle Mahomet dans son Voyage Nocturne du Ciel : il lui attribue notamment soixante-dix mille têtes portant chacune soixante-dix mille faces portant chacune soixante-dix mille bouches contenant chacune soixante-dix mille langues parlant chacune soixante-dix mille idiomes dont il se ser­vait pour célébrer les louanges de Dieu. Dans quelques autres mythologies, l'Esprit est également personnifié ; mais il faut en arriver aux religions de l'Inde et surtout à Platon pour que l'Esprit soit considéré comme une entité philosophique intelligible selon nos conceptions modernes.

Pour Platon, Dieu est un Esprit répandu dans l'univers. C'est à la fois le principe de la vie, de la génération et de la fécondité des êtres. Sans insister sur les conceptions platoniciennes, que nous ne pourrions exposer brièvement sans les déformer, disons que la conception d'un Dieu imper­sonnel, identifié à l'Esprit, s'il a été de notion courante dans les branches les plus évoluées de la Sagesse orientale antique, se présente pour la première fois chez Platon avec autant de beauté que d'ampleur, dans notre histoire occidentale.

L'Esprit, selon la religion mosaïque, est à la fois la substance du monde et de Dieu créateur. La discussion exégétique ne pourra jamais démêler com­plètement les sens principaux et figurés qu'il faut lui donner. La Tradition rabbinique, d'une part, en mythologisant à plaisir le Sepher Bereshit, la tra­dition chrétienne, d'autre part, aménageant les documents au mieux des intérêts de son dogme, les Kabbalistes enfin, en compliquant les choses les plus sim­ples, jusqu'à les rendre ambiguës, ont empêché qu'on puisse commodément se faire une opinion sur la question. Quant à analyser le dogme chrétien, cela est relativement facile et l'on sait (mal d'ailleurs en général) quelle est la place de l'Esprit dans la Sainte.

A côté de toutes ces conceptions et interprétations historiques de l'Es­prit, reste la question fondamentale de sa nature et de sa place, de ses rap-ports avec l'esprit au sens humain du mot (et, par conséquent, aussi avec ce qu'on appelle « les esprits »).

ESPRITS

Depuis la plus haute antiquité, on établit linguistiquement une similitude entre les génies et les Esprits (idem en français, on dit indifféremment dans la langue courante, l'Esprit du Mal ou le Génie du Mal ; les hommes d'esprit et les hommes de génie ont d'ailleurs aussi des places contiguës dans nos nomenclatures). C'est donc au sens de génies ou de démons qu'il faut entendre « les esprits ».

A côté d'une multitude de croyances répandues dans tous les peuples du monde et à toutes les époques concernant les esprits, il faut aussi men­tionner le sens intermédiaire que prend cette expression chez quelques pri­mitifs. En mythologie américaine, par exemple, les Knisténaux (intérieur de l'Amérique septentrionale) s'imaginent que lorsqu'un homme est enterré sans qu'on place autour de lui tout ce qui lui a appartenu, son esprit revêt une forme humaine et se montre sur les arbres les plus voisins de sa maison. C'est un acheminement vers la notion de l'esprit distinct du corps et cons­tituant le Ka des Egyptiens.

Le double, on le sait, se dégage du corps à la mort. Il peut d'ailleurs se séparer du corps avant la mort, mais, alors, ne le fait jamais complètement. L'Esprit, ainsi compris, peut donc se manifester aux vivants sous forme d'apparitions. Ceci ouvre des horizons sur toute une conception à la fois traditionnelle et toute moderne des « esprits » encore que le langage scientifique de la métapsychique emploie pour les désigner des vocables plus précis et plus justes.

ERGENNA

Devin d'Etrurie dans l'antiquité.

ERIC AU CHAPEAU VENTEUX

On lit dans Hector de Boëce que le roi de Suède, Eric ou Henri , surnommé le Chapeau venteux, faisait changer les vents, en tournant son bonnet ou chapeau sur sa tête, pour montrer au démon, avec qui il avait fait pacte, de quel côté il les voulait; et le démon était si exact à donner le vent que demandait le signal du bonnet, qu'on aurait pu, en toute sûreté, prendre le couvre-chef royal pour une girouette.

ERICHTHO

Sorcière, qui, dans la guerre entre César et Pompée, évoqua un mort, le­quel prédit toutes les circonstances de la bataille de Pharsale

EROCONOPES

Peuples imaginaires que Lucien représente comme d'habiles archers, montés sur des moucherons-monstres.

EROCORDACÈS

Peuple imaginaire que Lucien représente combattant avec des raves en guise de flèches.

EROMANTIE

Une des six espèces de divi­nations pratiquées chez les Perses par le moyen de l'air. Ils s'enveloppaient la tête d'une serviette, exposaient à l'air un vase rempli d'eau, et proféraient à voix basse l'objet de leurs voeux. Si l'eau venait à bouillonner, c'était un pronostic heureux.

EROTYLOS

Pierre fabuleuse dont Démocrite et Pline après lui vantent la propriété pour la divination.

ERUS ou ER

Fils de Zoroastre. Platon assure qu'il sortit de son tombeau douze jours après avoir été brûlé sur un bûcher, et qu'il conta beaucoup de choses sur le sort des bons et des méchants dans l'autre monde.

ESPRITS ÉLÉMENTAIRES

Les cabalistes peuplent les éléments, d'esprits divers. Les Salamandres habitent le feu; les Sylphes, l'air; les Gnomes, la terre; l'eau est le séjour des Ondins ou Nymphes.

ESPRITS FAMILIERS

Scaliger , Cecco d'Ascoli , Cardan et plusieurs autres vision­naires ont eu , comme Socrate , des esprits familiers. Bodin dit avoir connu un homme qui était toujours accompagné d'un esprit familier, lequel lui donnait un petit coup sur l'oreille gauche quand il faisait bien, et le ti­rait par l'oreille droite quand il faisait mal. Cet homme était averti de la même façon si ce qu'il voulait manger était bon ou mauvais, s'il se trouvait avec un honnête homme ou avec un coquin, etc. C'était très avantageux.

ESSÉNIENS

Secte célèbre parmi les Juifs. Les Esséniens avaient des superstitions par­ticulières. Leurs devins prétendaient connaître l'avenir par l'étude des livres saints, faite avec certaines préparations. Ils y trouvaient même la médecine et toutes les sciences, par des combinaisons cabalistiques.

ETANG DE LA VIE

Au sortir du pont où se fait la séparation des élus et des réprouvés, les docteurs persans font descendre les bien­heureux dans cet étang, dont les eaux sont blanches et douces comme le miel. Pour la commodité des âmes, il y a tout le long de l'étang des cruches en forme d'étoiles, tou­jours pleines de cette eau : les fidèles en boi­ont avant d'entrer dans le paradis, parce que c'est l'eau de la vie éternelle, et que si l'on en boit seulement une goutte, on n'a plus rien à désirer.

ETERNITE

Encore que la notion d'éternité soit commune à toutes les philosophies et religions, son contenu est extrêmement variable. Cela présente un intérêt dans la mesure où notre notion occidentale d'éternité est, au fond, assez différente de la notion courante. Alors, par exemple, que les populations primitives de la Virginie (pour prendre un point élémentaire de comparaison) regardaient le cours perpétuel des rivières comme le sym­bole de l'éternité et, dans cette idée, leur offraient des sacrifices, alors que le sanscrit, langue sacrée commune à toutes les religions philosophiques de l'Inde (pour prendre cet autre terme opposé de comparaison) ne possède pas de mot pour traduire l'idée d'éternité, nous avons au contraire de cette notion une conception extrêmement statique et définie.

En un mot, presque toutes les religions et philosophies conçoivent la Perpétuité, mais non l'Eternité immuable — comme le remarque M. le Pro­fesseur Masson-Oursel. On ne peut pas rendre Descartes responsable de ce goût de la sécurité « bourgeoise » qui nous a fait figer en immuabilité ce qui est vie perpétuelle ; car le courant vient de Grèce avec celui de la dialectique et des nécessités d'ordre logique qu'elle traîne à sa suite. Qu'Aris­tote, puis Descartes, aient sacrifié au penchant formaliste de la pensée occi­dentale, cela ne fait aucun doute, et il suffit de remarquer le défaut de nos conceptions pour en tenir compte.

Dans le domaine de l'occultisme, l'intérêt de la distinction réside en ce que le matériau universel sur lequel l'homme travaille est vivant, mou­vant, jamais en repos. Le fixisme logique est une abstraction et le Temps, tel qu'il apparaît à la Raison, en est une autre. Il n'y a pas d'opération ma­gique, pas de procédé divinatoire qui puisse s'appuyer sur ce temps théorique auquel l'Eternité théorique d'Occident est apparentée.

A noter que les Anciens adoraient simultanément l'Eternité et le Temps, personnifiés sous les mêmes traits une femme tenant en main un serpent qui se mord la queue et forme un cercle ou simplement un cercle conte­nant un sablier ailé. L'éternité est encore symbolisée par une déesse tenant dans ses mains les têtes rayonnantes du Soleil et de la Lune ou encore par trois figures (hier, aujourd'hui, demain) tenant un grand voile étendu au-dessus d'elles en arc de cercle ou enfin par une matrone assise sur un cube de marbre, le buste voilé (car impénétrable) et tenant dans ses mains le globe du monde ; elle est inscrite dans un cercle dont le fond est d'azur parsemé d'étoiles d'or. Cette iconographie révèle une conception cir­culaire ou cyclique de l'Eternité, contrastant avec notre notion linéaire ou statique.

ETERNUEMENT

Pénélope, dans Homère, tire un augure favorable de ce que Télémaque, en annonçant l'arrivée d'un étranger, a éternué de manière à faire retentir tout le palais. De même Xénophon, haranguant son armée, tire profit de l'éternuement d'un de ses soldats pour leur faire prendre une résolution périlleuse. Plus près de nous, on tire un présage de l'éternuement, il est excellent après dîner, mauvais le matin ; on se remet au lit lorsqu'on éternue en se chaussant, etc...

Le langage nous a transmis la trace de mythes inconscients analogues dans des expressions comme : « A vos souhaits », « Que Dieu vous bé­nisse », etc... Elles se rattachent d'ailleurs assez directement à la légende rabbinique selon laquelle Dieu avait fait une loi décidant que tout homme n'éternuerait qu'une fois dans sa vie et mourrait sur-le-champ. Jacob, que cette éventualité effrayait, pria le Seigneur de l'excepter de la règle. Il fut exaucé, éternua et n'en mourut point. Tous les Princes de la terre, informés, ordonnèrent que tout éternuement soit accompagné de voeux et d'actions de grâces pour la prolongation de la vie. Lorsque les Espagnols conquirent la Floride, située à l'autre bout du monde, ils furent surpris de voir que les Indiens avaient, à l'occasion de l'éternuement, une formule de politesse ana­logue à la leur, encore qu'adressée au Soleil. Au Monomotapa, l'éternuement du Roi, transmis par des signaux, met tout le monde en rumeur et donne lieu à des voeux solennels pour la santé du prince. Au Siam et dans le Laos, lorsque quelqu'un éternue, on est persuadé qu'à ce moment même, Dieu examine et juge sa vie. Ceux qui l'entourent s'empressent de lui dire : « Que le jugement vous soit favorable. »

Une telle universalité ne peut pas ne pas avoir d'explication. On peut la chercher dans la mythologie gréco-latine qui est pour nous d'une interpréta­tion plus aisée. L'éternuement, selon la légende, fut le premier signe de vie que donna l'homme de Prométhée : ce créateur ayant mis dans une fiole une partie des rayons du Soleil, ouvre sa fiole devant son oeuvre. Les rayons solaires pénètrent par les narines (ou selon d'autres par les pores) de la sta­tue, la font éternuer. Prométhée se mit en prière et fit des voeux pour la conservation de son ouvrage. Son élève l'entendit, s'en souvint, ne manqua pas d'en faire autant à chaque semblable occasion, et d'en transmettre la formule à ses descendants.

On peut faire mille hypothèses sur la particularité du phénomène de l'éternuement, qui procède d'un spasme indomptable créant dans l'instant une inhibition rapide, mais totale de tous les mécanismes mentaux. Le rejet brusque de l'air des poumons peut se prêter aussi à une interprétation facile puisque, selon la plupart des traditions, l'air est la vie cosmique elle-même De toute façon, il est intéressant de retenir l'universalité du rite des béné­dictions.

ETHNOPHRONES

Hérétiques du septième siècle, qui joignaient au christianisme les superstitions païennes, l'astrologie, les augures, les expiations , les jours heureux et malheureux, les divinations diverses.

ETIENNE

Un homme, qui s'appelait Etien­ne, avait la mauvaise habitude de parler à ses gens comme s'il eût parlé au diable ; ayant toujours le diable à la bouche. Un jour, qu'il revenait de voyage, il appela son valet en ces termes : - Viens çà, bon diable, tire-moi mes chausses.

A peine eut-il prononcé ces paroles , qu'une griffe invisible délia ses caleçons, fit tomber ses jarretières et descendit ses chausses jusqu'aux talons. Etienne, effrayé, s'écria : -Retire-toi, Satan, ce n'est pas toi, mais bien mon domestique que j'appelle. Le diable se retira sans se montrer, et maî­tre Etienne n'invoqua plus ce nom.

ETNA

Le christianisme chassa de l'Etna et des îles de Lipari Vulcain , les Cyclopes et les Géants. Mais les démons se mirent à leur place ; et quand on institua la fête des morts , afin d'enlever au purgatoire et de rendre au paradis une foule d'âmes souffrantes , on entendit , comme le raconte un saint ermite, des bruits affreux dans l'Etna et des détonations étourdissantes dans les îles voisines. C'était Satan et toute sa cour, Satan et tout son peuple de démons qui hurlaient de désespoir et redemandaient à grands cris les âmes que la nouvelle foi venait de leur ravir.

ETOILES

Mahomet dit que les étoiles stables et les étoiles qui filent sont les senti­nelles du ciel ; elles empêchent les diables d'en approcher et de connaître les secrets de Dieu.

Les Romains voyaient des divinités dans les étoiles.

Les Etéens observaient, un certain jour de l'année, le lever de l'étoile Sirius : si elle paraissait obscure, ils croyaient qu'elle annonçait la peste.

ETRAPHILL

L'un des anges des musul­mans. Il se tient toujours debout : c'est lui qui embouchera la trompette pour annoncer le jour du jugement.

ETRENNES

Dans les temps reculés, chez nos pères, loin de se rien donner mutuelle­ment dans les familles le premier jour de l'an, on n'osait même rien prêter à son voi­sin. Mais chacun mettait à sa porte des tables chargées de viandes pour les passants. On y plaçait aussi des présents superstitieux pour les esprits. Peut-être était-ce un reste de ce culte que les Romains rendaient, le premier jour de l'année, aux divinités qui présidaient aux petits cadeaux d'amis. Quoi qu'il en soit, l'Eglise fut obligée, sous Charlemagne, d'interdire les présents superstitieux que nos ancêtres déposaient sur leurs tables. Les ca­nons donnent à ces présents le nom d'étrennes du diable.

ETTEILLA

On a publié sous ce nom déguisé, qui est l'anagramme d'Alliette , plusieurs traités de cartomancie.

ETYMOLOGIE

Bien que ce terme ait fini par désigner plus particulièrement l'origine d'un mot, l'étymologie est, comme son nom l'indique, une science. Elle est d'un grand secours pour toutes les recherches d'occultisme, en ce qu'elle permet de remonter au sens profond des mots, au sens commun des dérivations diverses. A ce titre, elle est l'outil de la recherche analogique. L'étymologie comparée, notamment, montre que les idées les plus centrales ont des racines communes et que ces racines sont aussi primordiales que le fait humain. On remonte volontiers à l'étymologie d'une notion en cas d'embarras, car les dictionnaires l'indiquent. Mais souvent la question se pose pour les noms propres, surtout lorsqu'on s'occupe de mythologie et de symbolisme, ou d'Onomancie.

En Onomancie, il est important de savoir d'où peut provenir un nom, avant de se livrer à son interprétation — pour des raisons développées ailleurs (voir ONOMAMANCIE). A titre indicatif, rappelons que les noms propres ont cinq origines courantes :

1 °) Des qualités physiques (Lecourt, Leborgne, Bègue, Petit, Klein, Gross, Schwartz, Whiteman).

2 °) Des qualités morales (Gaillard, Ledoux, Sweet, Ernst, Prudhomme).

3 °) Des lieux d'origine (Flamand, Lenormand, Germain, Frenchman, Du-bois, Dupré).

4 °) Des métiers (Berger, Scribe, Leverrier, Muller, Becker, Geiger).

5 °) Des règnes naturels, à titre de surnoms (Lechat, Dauphin, Merle. Bird, Sperling, Goujon, Papillon, Butterfly).

Pour retrouver l'origine, il faut en outre connaître l'existence des phé­nomènes d'assimilation, en vertu desquels un mot inconnu est ramené à un mot connu (Sauer Kraut, chou aigre, est devenu choucroûte par assimila­tion avec croûte. La rue de Jeus neus, c'est-à-dire des jeux neufs, est devenue la rue des Jeûneurs, etc...). Il faut connaître la double filiation que représentent les doublets (mots d'origine populaire et mot de formation sa-vante à partir d'un même mot origine — latin dans le cas du français). Il faut connaître aussi les lois propres à la formation des noms théophores (chez les Hébreux, par exemple, où de multiples noms renferment au début ou à la fin, un des noms de Ihrvh) ; les lois de l'apocope (Samuel devient Sam, Thomas, Tom), de l'aphérèse (Denisard devient Nisard, Richardin devient Chardin, etc...) ; les lois de composition des noms germaniques — et les lois très générales de la linguistique (rotacisme, etc...). Bref, il faut apprendre l'histoire des noms et les lois de cette histoire. Mais alors, on voit surgir, d'un mot usé par l'habitude, le sens symbolique profond. Cette étude est une source de joies profondes pour l'occultiste, car à partir des noms de la mythologie comme des notions courantes, il voit se reconstruire l'ordre profond de l'univers de l'homme.

EUBIUS

Auteur d'un livre intitulé : Apparitions d'Apollonius, ou Démonstration des apparitions d'aujourd'hui. In-4°, Amsterdam, 1735. (En latin.)

EUCHARISTIE

L'épreuve par l'Eucharistie se faisait en recevant la communion. Ainssi Lothaire , roi de Lotharingie , jura , en recevant la communion de la main du pape Adrien II, qu'il avait renvoyé Valdrade, sa concubine; ce qui était faux, Comme Lothaire mourut un mois après , en 868, sa mort fut attribuée à ce parjure sacrilège. Cette épreuve fut supprimée par le pape Alexandre II

EUMECES

Caillou fabuleux, ainsi nommé de sa forme oblongue, et que l'on disait se trouver dans la Bactriane; on lui attribuait la vertu d'apprendre à une personne endormie ce qui s'était passé pendant son sommeil, si elle avait dormi avec cette pierre posée sur sa tête.

EVANGILE DE SAINT JEAN

On croit dans les campagnes que celui qui porte sur soi l'évangile de saint Jean, In principio erat verbum, écrit sur du parchemin vierge, et renfermé dans un tuyau de plume d'oie, le premier dimanche de l'année, une heure avant le lever du soleil, sera invulnérable et se garantira de quantité de maux.

EVE

Les Musulmans et les Talmudistes lui donnent, comme à notre premier père, une taille d'une lieue.

EVOCATION

Art de faire apparaître les Dieux ou les morts. Pour évoquer les Dieux, les prêtres antiques chantaient des hymnes appro­priés que l'histoire nous a quelquefois conservés. Pour l'évocation des morts, toutes les civilisations primitives ont un rituel à peu près constant (prati­ques nocturnes, ornements noirs, etc...). Enfin l'Evocation des Esprits procède d'une technique toute spéciale.

EVOLUTION

L'évolution désigne le fait général selon lequel l'univers va toujours d'un état moins parfait à un état plus parfait. Pour comprendre ce fait, il faut le voir à la lumière des principes suivants :

1 °) Pour un peu de progrès, il faut beaucoup de déchet (c'est le principe du gâchis de la nature) ; ce qu'on a symbolisé en opposant des forces d'évolution à des forces d'involution.

2 °) La nature procède par rythmes ; de sorte qu'à chaque perfectionnement, on observe une décadence et apparemment, tout revient en arrière. Mais le progrès se manifeste à nouveau, en un nouveau cycle; ce qui fait classiquement comparer l'évolution à une spirale.

3 °) Ce ne sont pas les éléments qui ont assumé un cycle, qui assument le suivant :

le progrès germe et se développe ailleurs. Ainsi, une civilisation fleurit et disparaît ; la suivante réinvente tout et monte un peu plus haut que la pré­cédente. Sur le schéma spiral, ce principe se traduit par le fait que la spire suivante fait encore une fois le même chemin que la précédente, mais ne part pas du même point.

En vertu de telles complexités, l'appréciation d'un progrès est chose difficile. Il faut, pour se mêler d'en juger, avoir un esprit de synthèse et une envergure hors du commun. Fort heureusement, l'histoire apporte des éléments d'appréciation à une échelle qui nous dépasse (la pensée et la civi­lisation ont évolué depuis l'âge de pierre, c'est un fait), sans quoi les pessi­mistes arriveraient facilement à démontrer que le monde évolue régressivement.

Dans le domaine psychologique, on parle du degré d'évolution d'un être. Cela ne se réfère ni à sa santé, ni à sa prospérité, ni à son intelligence, ni à sa culture mais au fait qu'il a atteint tel plan d'existence. Ces plans sont, après le plan matériel et le plan vital, le plan psychique, le plan affec­tif, le plan mental, le plan intuitif, le plan causal, le plan de la buddhi. Mais les voies de passage d'un plan à l'autre ou à travers un autre sont multiples, et le degré d'évolution ne peut être évalué que par une personne siégeant très haut par rapport à l'être jugé. Il faut tenir compte notamment aussi de la qualité de l'évolution. Un être peut avoir une vie intuitive ample et une intelligence vaste, mais ne pas avoir liquidé les problèmes du plan affectif, et se trouver de ce fait très loin du taux qu'on lui accorderait si l'on ne pre­nait ce fait en considération. Outre le taux d'évolution — et parmi les fac­teurs qui lui donnent une qualité, il faut donc faire intervenir au premier plan la consciencialisation des plans sous-jacents, et l'homogénéité du per­sonnage.

EXALTATION

On dit, en astrologie, que l'influx d'une planète est exalté lorsque cette planète se trouve en un point particulier de son cours. Ce point particulier est situé :

Pour le Soleil, à 19° du Bélier ;

Pour la Lune, à 3° du Taureau ;

Pour Mercure, à 15° de la Vierge ;

Pour Vénus, à 27° des Poissons ;

Pour Mars, à 28° du Capricorne ;

Pour Jupiter, à 15° du Cancer ;

Pour Saturne, à 21° de la Balance.

Par extension et simplification, on fait abstraction du degré et l'on dit plus couramment : le Soleil est exalté dans le signe du Bélier, etc... Cette approximation suffit largement dans la pratique.

EXIL

En Astrologie, on dit qu'une planète est en exil lorsqu'elle occupe le signe zodiacal diamétralement opposé à celui qui est son domicile.

EXORCISME

L'exorcisme est une opération magique qui a pour but de chasser le démon, de purifier et de préparer la sanctification. L'exorcisme est donc un des temps des sacrements et bénédictions (baptême, consécration d'une église, etc...).

L'exorcisme d'une maison hantée procède, outre les opérations purement ma­giques (attitudes, gestes, etc...) d'un rituel long et complexe (Psaume 5, Psaume 39, bénédiction, chant du Veni Creator, prières liturgiques, adjura­tions, Psaumes 119, 120- 121, 122 et 123, Kyrie, Pater Noster, prière, aspersion, Psaumes 124 à 128, prières, Evangile de Luc, bénédiction du feu, fumiga­tion d'encens, prière, lecture du Livre des Rois, exorcismes, réprobation, Te Deum).

Les exorcismes en présence du Très Saint Sacrement sont particulièrement complexes et spectaculaires. Il en existe aussi de plus simples contre les envoûtements et les sortilèges divers. Parmi les exorcismes du Rituel consacré, on en trouve contre les maléfices du mariage, du lait et du beurre, pour retirer une signature donnée à Satan, pour faire rendre une ou plu-sieurs hosties consacrées et livrées au Démon, contre des Incubes et des Succubes, etc... Il existe enfin un Grand Exorcisme du Rituel de Malines, qui s'applique à tous les cas (signe de croix, Notre aide, etc..., prière spéciale, Evangile de Marc, Evangile de Luc, prière, Credo récité en commun, prière. Evangile de Matthieu, Evangile de Jean, exorcisme : « Je t'exorcise, esprit immonde, par le Père, etc... », présentation de la croix, prière, psaumes 74, 58, 66, 65, symbole de saint Athanase, bénédiction).

L'exorcisme procède du développement d'une force psychique emprun­tée à la collectivité. Dans la mesure où l'inconscient collectif du Moyen Age nourrissait les entités diaboliques les plus différenciées, sa propre force pou­vait être employée contre elle-même pour dénouer un complexe collectif. Dans les cas individuels, l'exorcisme consiste à appliquer ces forces psychi­ques à un cas témoin particulier. Cette transmutation de force, surprenante si on l'aborde sous l'angle du rituel, n'a rien de plus mystérieux que les phénomènes de métastase dont le D' Allendy nous développe le mécanisme à propos de la psychanalyse (v. Essai sur la guérison). A ce titre, on peut considérer l'aspect le plus général de la magie exorcisante comme une psy­chanalyse des temps pré-logiques ou des stades pré-logiques du développement de la personnalité.

ESTASE

L'état extatique se définit, selon saint Thomas, comme une mort aux choses de ce monde. Les mystiques chrétiens ont réalisé cette mort sur le plan des besoins et des aspirations. II ne leur est arrivé qu'épi­sodiquement de connaître la mort du corps. Il semble que ce soit dans cette mort du corps que l'esprit conquiert la lucidité totale, et c'est là le sens profond des yogas hindous. Ranamaarshi, disciple de Ramakrishna, vivant actuellement aux Indes et qui semble être l'esprit le plus lucide de tous les temps modernes et contemporains, commença sa carrière de sage à l'âge de dix ans. Délaissant l'école pour aller s'isoler dans les champs, il s'avisa de résoudre le problème de la vie en essayant de réaliser toutes les condi­tions réunies de la mort. Il parvint à mourir réellement (arrêt du coeur, de la respiration, chute de la température, etc...) et découvrit du même coup l'évidence de l'Eternité de l'Univers, et la présence du Principe divin.

Comme l'explique le Dr Frétigny, les concepts de l'intelligence naissent de l'arrêt de l'action (selon la conception de Ribot, généralement admise). C'est-à-dire que les concepts ou idées ne sont nés à la pensée que le jour où nous avons pensé un acte jusque-là automatique comme possible le jour où nous avons conçu la possibilité de ne pas l'exécuter ou mieux, au moment où nous nous sommes retenus de l'exécuter. De même, les idées concernant notre existence (l'existence, la vie, notre place dans l'Univers, etc...) ne nous viennent que le jour où nous concevons la possibilité d'interrompre la vie ou mieux au moment où nous stoppons la vie. Le premier mécanisme relève globalement de la maîtrise du système cérébro-spinal, le second globa­lement de la maîtrise du système sympathique.

EXTISPICES ou  EXTISPICINE

Divination par l'examen des entrailles (voir au mot ARUSPICE).

EXTRA-LUCUDITE

Terme qui désigne la faculté de voyance.

EXTREME-ONCTION

Sacrement chrétien combinant, comme tous les rites funéraires des autres civilisations, l'exorcisation et la bénédiction (Au nom du Père et du Fils +, et du Saint-Esprit +, que toute puissance diabolique s'éteigne en vous par l'imposition de nos mains et par l'invocation..., etc — suit l'onction des yeux, des oreilles, des lèvres, des mains, des pieds).

EZECHIEL

Les musulmans disent que les ossements desséchés que ranima le prophète Ezéchiel étaient les restes de la ville d’Davardan, que la peste avait détruite et qu'il releva par une simple prière.