DACTYLOMANCIE

Divination qui se pratiquait au moyen de bagues ou anneaux fondus sous l'aspect de certaines constellations, et auxquels étaient attachés des charmes et des caractères magiques. C'est, dit-on, avec un de ces anneaux que Gygès se rendait invisible, en tournant le chaton dans sa main.

Clément d'Alexandrie parle de deux anneaux que possédaient les tyrans de  a Phocide, et qui les avertissaient par un son du temps propre à certaines affaires; ce qui ne les empêcha pas de tomber dans les griffes du démon, lequel leur tendait un piège par ses artifices

 DADJAL

Nom de l'Antéchrist chez les Chaldéens; il signifie dans leur langue le menteur et l'imposteur par excellence

 DAGOBERT 1er

Roi de France, mort en 638, à l'âge de trente-sept ans. Une vieille lé­gende établit qu'après qu'il fut mort un bon ermite, nommé Jean, qui s'était retiré dans une petite île voisine des côtes de la Sicile, vit en songe, sur la mer, l'âme du roi Dago­bert enchaînée dans une barque, et des diables qui la maltraitaient en la conduisant vers la Sicile, où ils devaient la précipiter dans les gouffres de l'Etna. On croyait autrefois que le cratère de ce volcan était une des entrées de l'enfer; et il n'est pas encore vérifié que ce soit une erreur. L'âme appelait à son se­cours saint Denis, saint Maurice et saint Mar­tin, que le roi, en son vivant, avait fort ho­norés. Les trois saints descendirent, revêtus d'habits lumineux, assis sur un nuage bril­lant. Ils se jetèrent sur les malins esprits, leur enlevèrent la pauvre âme, et l'empor­tèrent au ciel. Un monument curieux, le tombeau de Da­gobert, sculpté vers le temps de saint Louis, retrace ces circonstances merveilleuses. La principale façade est divisée en trois bandes. Dans la première on voit quatre diables (deux ont des oreilles d'âne) qui emmènent l'âme du roi dans une barque; la seconde représente saint Denis, saint Maurice et saint Martin, accompagnés de deux anges, avec le bénitier et le goupillon ; ils chassent les démons. Sur la troisième bande, on voit l'âme qui s'enlève ; et une main généreuse sort d'un nuage pour l'accueillir.

 DAMNETUS, ou DAMACHUS

Loup-garou, de l'antiquité. On conte qu'ayant mangé le ventre d'un petit enfant sacrifié à Jupiter Lycien en Arcadie, il fut changé en loup. Mais il reprit sa première forme au bout de dix ans. Il remporta même depuis le prix de la lutte aux jeux olympiques.

 DANIEL

L'un des quatre grands prophètes. On lui attribue un traité apocryphe l'Art des songes. Les Orientaux le regardent aussi comme l'inventeur de la géomancie.

 DAPHNÉPHAGES

Devins qui, avant de répondre aux questions qu'on leur faisait, mangeaient des feuilles de laurier, parce que cet arbre étant consacré à Apollon, ils se croyaient de la sorte inspirés de ce dieu.

 DAPHNOMANCIE

Divination par le lau­rier. On en jetait une branche dans le feu si elle pétillait en brûlant, c'était un heureux présage; mais si elle brûlait sans faire de bruit, le pronostic était fâcheux.

 DARDS MAGIQUES

Les Lapons, qui pas­saient autrefois pour de grands sorciers et qui le sont à présent bien peu, lançaient, dit-on, des dards de plomb, longs d'un doigt, contre leurs ennemis absents, et croyaient leur envoyer, avec ces dards enchantés, des maladies et des douleurs violentes.

DAROUDJI

C'est le nom que les Persans donnent à la troisième classe de leurs mau­vais génies.

DAUGIS

Auteur peu connu d'un livre con­tre les sorciers, intitulé :Traité sur la magie, le sortilége, les possessions, obsessions et maléfices, où l'on en démontre la vérité et la réalité ; avec une méthode sûre et facile pour les discerner, et les règlements contre les devins, sorciers, magiciens, etc. Paris, in-12, 1732.

DAUPHIN

On ne sait pas trop sur quoi est fondée cette vieille croyance populaire, que le dauphin est l'ami de l'homme. Les anciens le connaissaient si imparfaitement, qu'on l'a presque toujours représenté avec le dos courbé en arc, tandis qu'il a le dos plat comme les autres poissons; à moins que nous donnions le nom de dauphin à un poisson qui ne serait pas celui des anciens. Il y a des races perdues.

On trouve dans Elien et dans d'autres naturalistes, des enfants qui se promènent en mer, à cheval sur des dauphins apprivoisés; ce sont de ces merveilles qui ne sont plus faites pour nous.

On sait que le dauphin est le symbole de la rapidité : et c'est dans un sens emblématique, pour rappeler qu'il faut se hâter avec prudence, qu'on a peint le dauphin entortillé à une ancre; car il est faux que par affection pour l'homme il la conduise au fond de la mer, comme le contaient nos pères.

DAVID

Selon les Orientaux, ce prophète ­roi se faisait obéir des poissons, des oiseaux et des pierres; ils ajoutent que le fer qu'il tenait dans ses mains s'amollissait, et que les larmes qu'il versa pendant les quarante jours qu'il pleura son péché faisaient naître des plantes. Adam, disent les musulmans, avait donné soixante ans de la durée de sa vie pour prolonger celle de David, dont il prévoyait le règne glorieux.

DAVID-GEORGE

Vitrier de Gand, qui, en 1525, se mit à courir les Pays-Bas, en disant qu'il était le Messie envoyé sur la terre pour remplir le ciel, qui avait beaucoup trop de Vide. On le signala comme un fou dange­reux; mais il changeait de nom pour se met­tre à couvert des poursuites. On croyait qu'il avait intelligence avec les oiseaux; car il parlait avec eux en différentes langues, et ces oiseaux, disait-on, lui portaient parfois de la proie pour ses aliments. A Bâle, il se fit appeler Jean Bruch, se disant neveu de Dieu, qu'il appelait son oncle, ajoutant tou­tefois qu'il était né en Hollande. Il voulut aussi se faire passer pour le prophète Daniel, que Dieu envoyait en ce monde afin de réta­blir le royaume d'Israël et le tabernacle de Jacob.

Il ensorcelait les esprits, dit Delancre, tandis que les autres sorciers ensorcelaient les corps. Au bout de treize ans qu'il séjourna à Bâle, il mourut, ayant abusé tellement le peuple, qu'on lui fit de magnifiques obsèques et qu'il fut enterré en l'église de Saint-Léonard. Ses disciples furent étonnés de sa mort; car ils le croyaient immortel : il avait prédit qu'il ressusciterait trois jours après son trépas. Comme on vit que cette prophétie, au bout de trois ans, ne s'accomplissait point, on le reconnut pour imposteur. On le tira de son cercueil et on le porta sur un échafaud, où il fut brûlé avec les li­vres qu'il avait composés, le 26 août 1559.

DAVID-JONES

Les matelots anglais ap­pellent de ce nom le mauvais génie qui pré­side à tous les esprits malfaisants de la mer. Il est dans tous les ouragans; on l'a vu quelquefois d'une taille gigantesque, montrant trois rangs de dents aiguës dans sa bouche énorme, ouvrant de grands yeux effrayants et de larges narines, d'où sortaient des flam­mes bleues.

DECAN

Terme astrologique qui désigne soit en terme de temps, soit en termes d'arc sur un Zodiaque, le tiers d'un signe du Zodiaque. Il y a par exemple un premier, un deuxième, un troisième décan du Taureau, un premier, un deuxième, un troisième décan du Bélier, etc...  et, par conséquent, 36 décans dans le Zodiaque, chacun d'eux mesurant 10° d'arc.

Chaque décan est gouverné par une planète. En outre, chacun est divisé en termes, de grandeur variée (de 3° à 8°) et chaque terme est aussi gou­verné par une planète. L'intérêt de la division en décans est soutenu par les uns et négligé par les autres ; celui des termes est peut-être valable, mais on voit peu d'astrologues se servir de cette notion. Dans la mesure où l'astro­logie est fondée sur la seule analogie  et à la condition que cette analogie soit rigoureusement appliquée, il n'y a pas de raisons de décrier les décans et les termes ; seulement, la complexité qu'ils introduisent dans l'interpréta­tion des thèmes est telle qu'on est à peu près dépourvu des moyens de se faire une opinion à leur sujet.

On peut en dire autant des degrés, c'est-à-dire de cette théorie selon la-quelle chaque degré du Zodiaque a des attributions et des significations par­ticulières. Cette théorie, issue de l'astrologie hindoue, a été reprise par des chercheurs contemporains, et notamment Wemyss. D'après Robert Fludd, qui a classé les degrés, il y a dans chaque signe zodiacal, des degrés mascu­lins, des degrés féminins, des degrés lumineux, des degrés ténébreux, des degrés infernaux, des degrés honorifiques, des degrés vides, des degrés voilés, des degrés de surdité, de cécité, de paralysie, etc...

Que la nature soit complexe, la science nous l'apprend tous les jours.

Mais il importe que la complexité des théories résulte seulement du fait que les théories simples sont insuffisantes. Poser la complexité a priori est une pente dangereuse à moins qu'on ne considère les choses sur un terrain résolument analogique et traditionnel.

DEBER

Des théologiens hébreux disent que Deber signifie le démon qui offense la nuit; et Cheteb ou Chereb, celui qui offense en plein midi.

DECEMBRE

Ce mois était sous la protection de Vesta.

Les Romains le représentaient sous les traits d'un esclave qui joue aux dés et qui tient une torche ardente. On le représentait en Grèce sous les aspects de Vesta, portant d'une main le feu qui lui était consacré et de l'autre une orne d'abondance, accompagnée d'un ours et d'un lion.

DEDOUBLEMENT ou BILOCATION

Le dédoublement est un phénomène naturel au cours duquel une partie subtile se détache du corps et peut effectuer des déplacements dans l'espace. Elle reste cepen­dant liée à lui par un prolongement fluidique, qu'on compare classiquement à un cordon ombilical. Il faut distinguer le dédoublement proprement dit :

1°) du dédoublement subjectif, dans lequel le sujet, par un phénomène de voyance, explore des endroits oïl il n'est pas sans que pourtant son corps fluidique ait quitté son corps. Du moins est-ce là une distinction qui s'im­pose expérimentalement ; on sait que pour certains auteurs tout fait de voyance correspond au contraire à la poussée d'un prolongement fluidique. De toute façon, il y a une différence à établir entre cette poussée et une sortie du corps.

2 °) des phénomènes d'aura Car lorsque l'on observe l'aura d'une personne, son corps fluidique coïncide avec son corps.

Le dédoublement peut être volontaire ou involontaire. Il est volontaire dans le cas de ces personnes si nombreuses au Thibet qui tombent brusquement dans un état léthargique et se dédoublent. Il est involontaire chez cet opéré dont on a pu photographier le double, debout aux côtés des chirurgiens et regardant le cours de l'opération. Il est involontaire chez beaucoup de personnes qui sont en cours d'entraînement psychique et qui, poussant au maximum un état de retrait, s'évadent brusquement d'eux-mêmes. Au contraire, le dédoublement volontaire résulte d'une technique dont nous ne pouvons donner ici une idée, même approximative. D'ailleurs, l'entraînement solitaire au dédoublement n'est pas sans danger car le tout n'est pas de sortir, mais aussi de savoir rentrer en soi.

Il existe une variété intermédiaire de dédoublement dans lequel le sujet doit être mis d'abord dans un état hypnoïde dit transe, dans le vocabulaire consacré puis, sous la conduite d'un opérateur averti, le dédoublement s'opère, ou cesse. La maniabilité du procédé l'a fait généralement préférer aux autres par les expérimentateurs amateurs ou professionnels. Ce qu'on observe vaut la peine d'être précisé. Le corps du sujet devient faiblement lumineux quelquefois d'abord dans la région correspondant au plexus solaire puis la forme luminescente se déplace par rapport au corps phy­sique, qui reste immobile. Le corps fluidique conserve une forme qui res-semble globalement à celle du corps.

Il peut s'éloigner, sortir de la pièce, etc... Quelquefois, une deuxième zone lumineuse rougeâtre apparaît près du sujet ; elle prend rarement un contenu défini. Pourtant, elle émane proprement du corps physique, qu'elle réintègre la première.

Quelle que soit l'interprétation qu'on donne au phénomène, il s'agit là d'un véritable dédoublement.

Dans le dédoublement provoqué, le médium garde un souvenir très variable de son voyage fluidique ; tantôt, il est nul, tantôt, il est tellement fleuri que les deux témoignages ont à peu près autant de valeur. Dans le dédoublement dirigé et volontaire, au contraire, on apprend :

1 °) Que le double est visible de personnes non prévenues.

2 °) Qu'il a des possibilités de voir et de sentir à peu près analogues à celles que l'homme possède à l'état normal.

3 °) Qu'il a la possibilité, dans des cas rares d'ailleurs, de lais­ser des traces matérielles de son passage. Cette dernière possibilité relève de facultés et d'entraînements assez exceptionnels.

La critique scientifique du phénomène est tôt faite : on a vu ou pas vu, les juges ont vu ou n'ont pas vu, les appareils photographiques ont enregistré ou n'ont pas enregistré, les traces matérielles sont dues à une supercherie ou non. Du point de vue épistémologique, la critique est plus ardue : s'agit-il réellement d'un phénomène visible, ou d'une force fluidique capable ,d'impressionner à la fois la conscience, les pellicules sensibles, la matière  et de faire illusion au sujet lui-même ?

DELOGS

Nom donné, au Thibet, à ceux qui ont opéré acci­dentellement la dissociation de l'âme et du corps, et qui décrivent, à leur retour, ce qui se passe dans l'au-delà. Tous ne décrivent pas les mêmes lieux, mais tous sont d'accord pour reconnaître que la vie y est agréable et légère. Un point commun doit être retenu aussi dans leur rapport : leur corps léger traverse les murailles, se déplace à la vitesse de la pensée, etc..., mais reste relié au corps physique par une sorte de cordon qu'il est impos­sible de rompre. Encore que rien ne prouve l'identité de ce qu'un corps immatériel ressent et de ce qui attend l'homme après la mort réelle, les récits des délogs confirment en tout point ce que nous apprennent les expérimentations métapsychiques.

DEMONS

L'antiquité grecque donne le nom de Démons à des entités intermédiaires entre l'homme et les Dieux, entités qui sont tantôt malfaisantes et tantôt bienfaisantes, et qui correspondent plus ou moins aux anges de la symbolique chrétienne. Comme eux, ils étaient dotés, selon cer­tains, d'un corps subtil, qu'on ne pouvait apercevoir que dans certaines circonstances et conditions. Le christianisme, répudiant les Dieux païens, devait logiquement rejeter leurs intermédiaires dans le maudit, où ils ont retrouvé les diables et Satan. C'est donc assez récemment que le mot démon a pris le sens péjoratif qu'on lui donne aujourd'hui. A l'origine, la mytho­logie rabbinique explique les choses comme elle le peut, et les Docteurs du Talmud expliquent l'existence des démons de plusieurs façons :

1 °) Dieu les créa le même jour où il créa les enfers, mais dut les laisser sans corps faute de temps, car c'était le jour du Sabbat et il ne pou-: ait pas continuer à travailler sans violer la loi.

2 °) Adam n'approcha pas Eve tout de suite ; l'ange Samuel, touché de la beauté de cette dernière, la féconda et elle mit au monde les démons.

3 °) Adam, qui était une sorte de scélérat, enfanta les démons avec plusieurs femmes d'ailleurs (Lilith, Nahama).

4 °) Lesdémons sont des anges déchus par la jalousie de l'homme ; mâles et femelles ils procréent d'autres démons.

5 °) Les âmes des damnés peuvent aussi venir sur terre sous forme de démons, etc. Les démons de la mythologie rabbini­que ont trois caractères communs avec les anges.

Ils ont des ailes, ils volent et ils connaissent l'avenir ; et trois caractères communs avec les hommes : ils sont obligés de manger et boire, ils procréent, ils meurent.

Que les démons aient acquis leur mauvaise réputation depuis l'affirma­tion du courant judéo-chrétien ne signifie pas que notre civilisation soit la seule à les considérer comme maléfiques : les Molluquois croient que les dé­mons entrent par leur toit la nuit, qu'on les rencontre dehors dès que le jour tombe, et se présentent de toutes sortes de manières. Les Siamois appel-lent démons les âmes des criminels, des nouveau-nés, des femmes mortes en couches, de ceux qui sont morts en duel, en un mot, de tous ceux qui se sont rendus indignes des honneurs de la sépulture.

Le symbolisme naturel de la nuit, du danger, du péché, du mal explique aisément que toutes les mythologies attribuent des caractéristiques correspondantes aux démons. Toutes les fois qu'une civilisation n'est pas axée sur l'idée de péché (cas de la Grèce antique), les dé­mons sont plutôt des génies et perdent leur caractère essentiellement maléfique. Ce pro­cessus laisse penser que, conformément à la psychanalyse contempo­raine du folklore et de la mytho­logie, les démons correspondent à une projection collective. Il n'est pas certain pour autant que cette projection soit purement mentale. Le psychique collectif peut générer des entités plus ou moins concrètes. Autrement dit, les démons peuvent ou ont pu exister au même titre que les matérialisations ectoplasmiques ou encore au même titre que le corps astral, le corps glorieux, etc....

DENT DE LOUP

On faisait autrefois porter aux enfants des dents de loup pour qu'ils ne soient pas sujets à la peur. D'autre part, les dents de loup sont aussi l'attribut des sorcières et font partie de nom­breuses amulettes. Cette pratique, qui peut faire sourire, procède très exac­tement de la participation magique qui est à la base, non seulement de tous les pantacles non scientifiques (main de Fatma, Sacré-Coeur en breloque, et tous autres talismans figurant une partie du corps doués de vertus définies), mais des formes élémentaires ou différenciées de la médecine des semblables. Sous sa forme élémentaire, on la trouve par exemple dans certaines tribus africaines où, après la chasse, on donne en partage au fils aîné les testicules, et aux jeunes hommes de la tribu le coeur. C'est encore du même esprit que procède la préservation du nourrisson par un collier d'ambre. Enfin, dans la médecine dite allopathique, l'opothérapie procède intégralement de la participation par ingestion cependant que la médecine homéopathique utilise des principes analogues, inspirés de la méthode des signatures.

DENTS DE MORTS

Préservatif puissant contre les maléfices. Notamment employées en fumigation, excellaient à dénouer l'aiguillette.

DESTIN

Mythologiquement, le Destin est allégoriquement représenté par une femme : la Destinée. Née du Chaos, elle a aux pieds le globe terrestre et tient dans les mains l'urne qui contient le destin des hom­mes. On croyait ses arrêts irrévocables et son pouvoir si grand que tous les autres dieux lui étaient subordonnés. On admettait plusieurs Destins.

Cette pluralité des destins possibles semble contradictoire en soi ; du moins constitue-t-elle une sorte de liberté relative qui met en cause la valeur de toutes les sciences divinatoires. La notion de Fatum, telle que l'Orient l'envisage quelquefois (le Mec-Toub' arabe) traduit un déterminisme plus absolu, mais sans évincer toutefois une part de liberté individuelle.

DE VILLENEUVE ( Arnaud )

Arnauld de Villeneuve est né vers 1245 en France, comme l’attestent Symphorianus Campegius et Joseph de Haitze. Quant au lieu précis de sa naissance il est incertain. Il étudia les langues mortes à Aix, la médecine à Montpellier. Il vint à Paris pour se perfectionner, la rumeur populaire l’accusant de nécromancie et d’alchimie, il s’enfuit à Montpellier,où il fut bientôt nommé professeur, puis régent. En 1755 on montrait encore à Montpellier, sa maison portant sculpté sur la façade un lion et un serpent se mordant la queue. La soif d’apprendre le fait passer en Espagne, il professe quelque temps l’alchimie à Barcelone (1286) et apprend l’arabe.

Il visite ensuite les universités célèbres d’Italie: Bologne, Palerme, Florence. Il revient à Paris, mais ses propositions hérétiques, ayant excité contre lui les théologiens, il s’enfuit prudemment en Sicile, où Frédéric II le prit sous sa protection. Le pape Clément V atteint de la pierre, manda Arnauld de Villeneuve auprès de lui, avec promesse de pardon. Arnauld s’embarqua pour la France (les papes siégeaient alors à Avignon).

Mais en vue de Gênes il mourut, son corps fut enseveli dans cette ville (1313). Il eut pour amis et disciples Raymond Lulle et Pierre d’Apono. Principaux ouvrages : Rosarium philosophorum, de Lapide philosophorum, Novum lumen, Flos florum, Semita semitae, Speculum alchimiae, de Sublimatione Mercurii, Epistola ad Robertum Regem, Testamentum novum.

 Tous ces traités se trouvent dans les éditions de ses oeuvres complètes:

Opera omnia Arnoldi de Villanova, I vol. in-folio. Lyon (I520). Idem (I532). Bâle (1585). Argentinae (1613).

DIALIS-FLAMEN

Prêtre de Jupiter a Rome. Il tenait le premier rang parmi les prêtres, et ne cédait dans les festins qu'au grand pontife et au roi des sacrifices. Il avait la chaise d'ivoire, la robe royale, l'anneau d'or, le droit de se faire précéder par un licteur et, en certaines occasions, celui d'ôter les chaînes aux condamnés, et d'empêcher qu'on ne les battit de verges lorsqu'ils se trouvaient par hasard sur son passage. C'était toujours de sa maison qu'on apportait le feu pour les sacrifices. C'était lui qui bénissait les armées, et faisait les conjurations et les dévouements contre les ennemis. Son bonnet était surmonté d'une petite branche d'olivier pour marquer qu'il portait la paix partout où il allait ; mais il était soumis à des lois bizarres qui le distinguaient des au­tres prêtres. « Aulu-Gelle » nous les a conservées :

1 °) Il lui était défendu -d'aller à cheval.

2 °) De voir une armée hors de la ville ou une armée rangée en bataille : c'est pour cette raison qu'il n'était jamais élu consul au temps où les consuls commandaient les armées.

3 °) Il ne lui était jamais permis de jurer.

4 °) II ne pouvait se servir que d'une sorte d'anneau, percé d'une certaine manière.

5 °) Il n'était permis à personne d'emporter du feu de la maison de ce flamine, hors le feu sacré.

6 °) Si quelque homme lié ou garrotté entrait dans sa maison, il fallait d'abord lui ôter les liens, le faire monter par la cour intérieure de la maison et le jeter dans la rue.

7 °) Il ne pouvait avoir aucun noeud, ni à son bonnet sacerdotal, ni à sa ceinture, ni autre part.

8 °) Si quelqu'un qu'on menait fouetter se jetait à ses pieds pour lui demander grâce, c'eût été un crime de le fouetter ce jour-Ia.

9 °) Il n'était permis qu'à un homme libre de couper les cheveux à ce flamine.

10 °) Il ne lui était pas permis de toucher une chèvre, ni chair crue, ni lierre, ni fève, ni même de proférer le nom d'aucune de ces choses.

11 °) Il lui était défendu de couper les branches de vigne qui s'élevaient trop haut.

12 °) Les pieds du lit où il couchait devaient être enduits d'une boue liquide ; il ne pouvait coucher dans un autre lit trois nuits de suite, et il n'était permis à aucun autre de coucher dans ce lit, au pied duquel il ne fallait mettre aucun coffre avec un tas de hardes ou de fer. 13 °) Ce qu'on coupait de ses ongles ou de ses cheveux devait être enterré sous un chêne vert.

14 °) Tout était jour de fête pour les Dialis-Flamen. Il ne lui était pas permis de sor­tir à l'air sans son bonnet sacerdotal ; il pouvait le quitter dans sa maison pour sa commodité ; cela lui avait été accordé depuis peu, dit Sabinus, par des pontifes qui lui avaient encore fait grâce sur d'autres points, et l'avaient dispensé de quelques autres cérémonies.

15 °) II ne lui était pas permis de toucher de la farine levée.

16 °) Il ne pouvait ôter sa tunique intérieure qu'en un lieu couvert, de peur qu'il ne parût nu sous le ciel, et comme sous les yeux de Jupiter.

17 °) Dans les festins, personne n'avait séance devant le Flamen-Dialis, sinon le roi sacrificateur.

18 °) Si sa femme venait à mou­rir, il perdait sa dignité de flamine.

19 °) Il ne pouvait faire divorce avec sa femme ; il n'y avait que la mort qui les séparât.

20 °) Il lui était défendu d'entrer dans un lieu où il y eût un bûcher à brûler les morts.

21 °) Il ne lui était pas permis de toucher un mort ; il pouvait pourtant assister à un convoi.

Nous avons tenu à citer in extenso ce curieux document parce qu'il est un exemple à la fois de l'homogénéité et de l'hétérogénéité d'un rituel. De toute évidence, celui-ci procède pour une grande partie du symbolisme de Jupiter-Pureté-Paix-Sérénité, et il est intéressant de saisir la filiation analo­gique de ce symbolisme avec celui du noeud, de la viande crue, du levain, etc... Par ailleurs, l'interdiction de coucher plus de trois jours consécutifs dans un autre lit que le sien, etc..., représente des apports quasi-adminis­tratifs, l'interdiction à un esclave de couper les cheveux du flamine procède en partie du symbolisme des cheveux, etc... C'est donc une occasion de saisir sur le vif le travail critique qui s'impose à l'occultiste lorsque de la Tradition, de la Légende ou même de l'Histoire, il veut remonter à la valeur initiale des filiations symboliques.

DIAMANT

Gemme dédiée à Osiris en Égypte, A Apollon en Grèce et qui, dans la chrétienté, symbolise le vêtement de lumière de Dieu le Père. Elle symbolise donc la lumière et spirituellement la sagesse divine. D'après l'étymologie thibétaine (Hot-Tkar), elle symbolise l'unité. Le sens générique du diamant (blanc parfaitement transparent) est celui de lumière incréée ou substance universelle de l'univers, ou Yésod de la terminologie liébraïque, ou Télesma, ou Thélem de l'Hermétisme Alexandrin (opposé au Kollon). C'est encore la Mulaprakriti de la mythologie hindoue, figurée par le serpent Ouroboros. Le diamant qui, selon la tradition géomantico-astrologique, est favorable à la vue et particulièrement à l'oeil droit, ce qui s'explique par son symbolisme de lucidité (l'oeil gauche appartient au plan .affectif et correspond en toute rigueur au rouge de l'amour divin et non ä la sagesse divine) a aussi d'autres vertus : en premier lieu, il est aussi anti-spasmodique et peut à ce titre être prescrit concurremment avec l'or dans les cystites, les spasmes artériels, entérites spasmodiques, etc... En se­cond lieu, il est purificateur double, il peut donc aider à l'élimination des toxines (élimination rénale, métabolisme uréique du foie, dermatoses d'éli­mination) ou à combattre les microbes. Il ne donne pas le bonheur, mais la joie.

D'autres commentateurs de la Tradition lui attribuent le pouvoir de calmer la fièvre, inclus dans de l'argent, de protéger contre les ennemis, de permettre de résister aux arts maléfiques, d'éloigner la peur, de vaincre les bêtes sauvages, de subjuguer les fantômes et les apparitions, de donner la victoire. On lui accorde encore de rejeter les poisons, les venins, les sor­ciers, les terreurs, les rêves et les mauvais esprits et de rejeter les terreurs de la nuit. On lui a longtemps attribué la curieuse propriété de se reproduire lui-même.

DIP CHING

Bois fabuleux que certains corbeaux cachent dans leur nid, selon une croyance populaire du Thibet. Ce bois confère l'invisibilité.

DIVINATION

Voir aux mots PYTHONISSE, SIBYLLE, VOYANCE, ORACLE, et aux différents mots se terminant en « mancie ».

DIDRON

Savant archéologue qui a pu­blié une curieuse Histoire du diable.

DIÉMATS

Petites images chargées de caractères que les guerriers de l'île de Java portent comme des talismans, et avec les­quelles ils se croient invulnérables: persua­sion qui ajoute à leur intrépidité

DIGBY

Fou et imposteur, connu sous le nom du Docteur Sympathique. Il avait le se­cret d'une poudre sympathique avec laquelle il guérissait les malades sans les voir, et don­nait la fièvre aux arbres. Cette poudre com­posée de rognures d'ongles, d'urine ou de cheveux du malade, et placée dans un arbre, com­muniquait, disait-il, la maladie à l'arbre.

DINDARTE Marie

Jeune sorcière de dix-sept ans, qui confessa avoir été souvent au sabbat. Quand elle se trouvait seule et que les voisines étaient déjà parties ou ab­sentes, le diable lui donnait un onguent dont elle se frottait, et sur-le-champ elle se trans­portait par les airs. Elle voyageait ainsi la nuit du 27 septembre 1600 ; on l'aperçut et on la prit le lendemain. Elle confessa aussi avoir mené des enfants au sabbat, lesquels se trouvèrent marqués de la marque du dia­ble.

DINDONS

On a dit longtemps que les dindons nous ont été apportés des Indes par les pères jésuites ; c'est pourtant une erreur. Les poules d'Inde furent apportées en Grèce l'an du monde 3559, comme le prouvent les marbres d'Arundel, et elles se naturalisèrent en Béotie. Aristote a même décrit l'Histoire physique et morale des dindons; les Grecs les appelaient méléagrides, parce qu'ils avaient été introduits dans leur pays par le roi Mé­léagre. Ils étaient fréquents chez les Romains; mais leur race, par la suite, devint plus rare en Europe, et on les montrait comme des bêtes curieuses au commencement du sei­zième siècle. Les premiers qu'on vit en France y furent apportés par Jacques Coeur, en 1450. Améric Vespuce ne les fit connaître que cin­quante-quatre ans après. On en attribua en­suite l'importation aux jésuites, parce qu'ils en envoyèrent beaucoup en Europe .

DINSCOPS

Sorcière et sibylle du pays de Clèves, dont parle Bodin en son quatrième livre. Elle ensorcelait et maléficiait tous ceux vers qui elle étendait la main. On la brûla; et quand sa main sorcière et endiablée fut bien cuite, tous ceux qu'elle avait frappés de quelque mal revinrent en santé.

DIOCLÉTIEN

N'étant encore que dans les grades inférieurs de l'armée , il réglait un jours ses comptes avec une cabaretière de Tongres, dans la Gaule Belgique. Comme cette femme, qui était druidesse, lui repro­chait d'être avare: « Je serai plus généreux, lui dit-il en riant, quand je serai empereur. -Tu le seras, répliqua la druidesse, quand tu auras tué un sanglier. » Dioclétien, étonné, sentit l'ambition s'éveiller dans son âme , et chercha sérieusement à presser l'accomplis­sement de cette prédiction , qui nous a été conservée par Vopiscus. Il se livra particu­lièrement à la chasse du sanglier. Cependant il vit plusieurs princes arriver au trône sans qu'on songeât à l'y élever; et il disait sans cesse: « Je tue bien les sangliers; mais les autres en ont le profit. » Il avait été consul, et il occupait des fonctions importantes. Quand Numérien eut été tué par son beau ­père, Arrius Aper, toutes les espérances de Dioclétien se réveillèrent: l'armée le porta au trône. Le premier usage qu'il fit de son pouvoir fut de tuer lui-même, de son épée, le perfide Aper , dont le nom est celui du san­glier, en s'écriant qu'il venait enfin de tuer le sanglier fatal. On sait que Dioclétien fut ensuite un des plus grands persécuteurs de l'Eglise.

DIODORE DE CATANE

Sorcier et magi­cien, dont le peuple de Catane garda long­temps le souvenir. C'était le plus grand ma­gicien de son temps; il fascinait tellement les personnes qu'elles se persuadaient être chan­gées en bêtes: il faisait voir en un instant, aux curieux, ce qui se passait dans les pays les plus éloignés. Comme on l'eût arrêté en qualité de magicien, il voulut se faire passer pour faiseur de miracles. Il se fit donc trans­porter, par le diable, de Catane à Constanti­nople, et de Constantinople à Catane en un seul jour, ce qui lui acquit tout d'un coup, parmi le peuple, une grande réputation; mais ayant été pris , malgré son habileté et sa puissance, on le jeta en un four ardent où il fut brûlé.

DION DE SYRACUSE

Etant une nuit cou­ché sur son lit , éveillé et pensif, il entendit un grand bruit et se leva pour voir ce qui pouvait le produire. Il aperçut au bout d'une galerie une femme de haute taille, hideuse comme les Furies, qui balayait sa maison. Il fit appeler aussitôt ses amis et les pria de passer la nuit auprès de lui. Mais le spectre ne reparut plus. Quelques jours après le fils de Dion se précipita d'une fenêtre et se tua. Sa famille fut détruite en peu de temps, et, « par manière de dire,ajoute Leloyer, balayée et exterminée de Syracuse, comme la Furie , qui n'était qu'un diable , avait semblé l'en avertir par le balai. »

DIONYSIO DAL BORGO

Astrologue italien qui professait la théologie à l'université de Paris au treizième siècle.

Villani conte (livre X) qu'il prédit juste la mort de Castruccio, tyran de Pistoie.

DJINN

( Pluriel : Djennoun) . — Génies intermédiaires entre l'ange et l'homme et que les Arabes et les Rabbins croient nés directement d'Adam sans le secours d'Eve.

DOCTRINE SECRETE

Nom donné à un livre très connu ayant précisément pour but de la dévoiler. Ce livre, de Madame Blavatsky, Fondatrice de la Théosophie, n'apporte pas une lumière définitive sur le monde secret qui, par nature, échappe à toute doctrine.

DOMIFICATION

Opération astrologique ayant pour but de fixer la position des Maisons dans un thème natal.

DOMINANTE

Dans un thème astrologique, on appelle Dominante élémentaire l'élément (Feu, Terre, Air, Eau) correspondant aux signes zodiacaux contenant le plus de planètes et les planètes les plus importantes. On appelle Dominante zodiacale le couple de signes correspondant, d'une part, au signe qui se trouve à l'ascendant et, d'autre part, au signe conte­nant le soleil. (Si le soleil est voisin de l'ascendant, la dominante est donc définie par un seul signe zodiacal). On appelle Dominante planétaire, une notion malaisée à définir ; elle procède du fait que le signe dans lequel se trouve le Soleil (ou l'Ascendant, ou tel autre élément très important du thème), est gouverné par une planète et que cette planète joue un rôle déterminant dans la personnalité ou le destin du natif. H.-J. Gouchon propose un barème numérique d'évaluation qui s'efforce de tenir compte de tout : c'est une entreprise louable et qui peut rendre service  mais le procédé préconisé est long et, comme le dit très honnêtement l'auteur lui-même, les coefficients attribués sont peut-être à mettre au point.

DOPPELGANGER

Nom allemand du double dans les ballades. Le doppelganger apparaît au chevalier lorsqu'il court à sa perte et lui donne de surnaturels avertissements sur le moment de son trépas.

DOUBLE

Chez les Egyptiens, on distinguait fondamentalement le Ba et le Ka.

Le Ba, corps terrestre, était iconographiquement représenté par un épervier à tête humaine. Le double, le Ka, habitait le tombeau et vivait des offrandes (d'ailleurs le plus souvent fictives, c'est-à-dire figurées) : il était lui-même voué à une vie magique, et avait exactement la même forme que le corps. C'était le double. La destruction du Ba entraînait celle du Ka et dispersait ainsi la personnalité d'où l'extrême vigilance avec laquelle on protégeait physiquement et magiquement les momies. Il existait par ailleurs des statues qu'on substituait ou superposait à la momie et qui pouvaient servir de support au Ka. Elles devaient subir l'opération magique du Sa.

Dans toutes les religions où le double et l'âme sont souvent con-fondus on pratiquait au moment de la mort des rites aidant à son « déga­gement ».

L'iconographie a popularisé la notion de l'âme quittant le corps sous la forme d'un oiseau blanc, etc... Ce qui permet de faire la distinction propice. En effet, le double se dégage du corps, mais lentement, et y adhère encore par un prolongement fluidique aussi longtemps que les organes vivent. De cela, nous avons une notion expé­rimentale, mais dès que la mort se produit, on ne sait pas avec précision si le prolongement fluidique devient extrêmement ténu et disparaît progressivement, laissant le corps fluidique libre de toute attache après un certain temps ou si, au contraire, la mort du corps entraîne le dégagement brusque. La métapsychique opine pour la première hypothèse. La grande difficulté de cette étude réside en ce qu'il est difficile, quoi qu'on en pense, de fixer avec précision le moment de la mort.

Quant au double en soi et en mettant par conséquent de côté le problème de sa survie au moins provisoirement ce que l'on sait nous est fourni par la Tradition, par l'Histoire et par l'expérience. La Tradition rapporte une multitude d'histoires légendaires dans lesquelles les héros (en Orient surtout) quittent leur corps et le réintègrent. Ces choses sont décrites en tout cas de telle façon que si les auteurs ou adaptateurs n'ont pas copié les uns sur les autres, le processus reste fidèle à lui-même dans les différents récits. L'histoire, de son côté, nous fournit une quantité de récits analogues. Sans parler du cas de Lazare, qui a été donné pour un dédoublement imprudent ayant failli mal finir, les récits, que la petite histoire nous fournit, décrivent ce que la métapsychique nous montre aujourd'hui. Les histoires de voyage glanent aussi en pays étrangers des faits qui sont du même ordre. La civilisation mexicaine ancienne, si isolée de toutes les au­tres, a une conception analogue à la nôtre du dédoublement. Au Thibet, tous les voyageurs ont rapporté avoir assisté à des dédoublements, et vu les corps fluidiques de projection (ce qui est un peu différent) ; ils ont décrit aussi l'aventure de ceux qui ont exploré le domaine de la mort. Il s'agit de gens qui, sous une influence quelconque ou sans cause connue, sont tombés en état de mort apparente. A leur retour, ils racontent avoir visité des contrées étranges, qui sont soit des enfers, soit des pays de rêve, soit des sites ressemblant en tout point à ceux qu'ils connaissent. Ces va­riations mises à part, tous reconnaissent invariablement :

1 °) Qu'ils avaient, dans cet état, une impression de légèreté et d'immatérialité extraordinaires.

2 °) Qu'ils se déplaçaient aussi vite que la pensée.

3 °) Qu'ils restaient reliés à leur corps par un filament immatériel en apparence, mais élastique et qu'ils ne pouvaient pas rompre.

Dans les expériences de métapsychique, on sait que le double est décrit comme corps astral et que sa description et celle de ses propriétés visibles corroborent en tout point les récits dont nous venons de parler. On sait qu'une technique relativement simple permet d'obtenir le dédoublement ; mais il faut bien distinguer le dédoublement proprement dit, dans lequel le corps fluidique se trouve effectivement et visiblement dans un autre lieu du dédoublement subjectif, dans lequel un phénomène de voyance donne l'illusion au sujet qu'il est effectivement ail-leurs. Dans l'ordre expérimental et pour ne pas empiéter sur ce qui con-cerne le dédoublement et le corps astral, signalons les documents de tout premier intérêt qu'a réunis le docteur Foveau de Courmelles en photographiant des doubles (d'hommes, d'êtres vivants et d'arbres).

DOUBTCHEN

Nom donné, au Thibet, à ceux qui sont doués de pouvoirs, et qui signifie sage-magicien.

DRAC

Nom languedocien des feux follets. Dans cette région, on leur attribue un rôle malfaisant et le pouvoir de se rendre invisibles pour opérer des facéties.

DRACONITE ou DRACONITIA

Pierre fabuleuse qui, selon Pline, se trouve dans la tête du Dragon.

DRAPE

On donne à Aigues-Mortes le nom de Lou Drapé à un cheval fabuleux, qui est la terreur des enfants, qui les retient un peu sous l'aile de leurs parents, et réprime la né­gligence des mères. On assure que quand Lou Drapé vient à passer, il ramasse sur son dos, l'un après l'autre, tous les enfants éga­rés; et que sa croupe, d'abord de taille ordinaire, s'allonge au besoin jusqu'à contenir cinquante et cent enfants, qu'il emporte on ne sait où.

DRIFF

Nom donné à la pierre de Buttler, à laquelle on attribuait la propriété d'attirer le venin ; elle était , dit-on , composée de mousse formée sur des têtes de mort, de sel marin, de vitriol cuivreux empâté avec de la colle de poisson. On a poussé le merveilleux jusqu'à prétendre qu'il suffisait de toucher celte pierre du bout de la langue pour être guéri (les maladies les plus redoutables. Van ­Helimont en fait de grands éloges.

DROLLES

Les drolles sont des démons ou lutins qui, dans certains pays du nord, prennent soin de panser les chevaux, font tout ce qu'on leur commande et avertissent des dan­gers.

DRUIDES,

(De Deru, chêne). Prêtres des Gaulois. Ils ensei­gnaient la sagesse et la morale aux princi­paux personnages de la nation. Ils disaient que les âmes circulaient éternellement de ce monde-ci dans l'autre; c'est-à-dire que ce qu'on appelle la mort est l'entrée dans l'au­tre monde, et ce qu'on appelle la vie en est la sortie pour revenir dans ce monde-ci.

Les druides d'Autun attribuaient une grande vertu à l'oeuf de serpent; ils avaient pour armoiries dans leurs bannières, d'azur à la couchée de serpents d'argent, surmontée d'un gui de chêne garni de ses glands de si­nople. Le chef des druides avait une clef pour symbole.

Dans la petite île de Sena, aujourd'hui Sein, vis-à-vis la côte de Quimper, il y avait un collège de druidesses, que les Gaulois ap­pellent Senes (prophétesses). Elles étaient au nombre de neuf, gardaient une perpétuelle virginité, rendaient des oracles et avaient le pouvoir de retenir les vents et d'exciter les tempêtes; elles pouvaient aussi prendre la forme de toute espèce d'animaux, guérir les maladies les plus invétérées et prédire l'a­venir.

Il y avait d'autres druidesses qui se ma­riaient; mais elles ne sortaient qu'une fois dans l'année, et ne passaient qu'un seul jour avec leurs maris.

DRUSUS

Chargé par l'empereur Auguste du commandement de l'armée romaine qui faisait la guerre en Allemagne, Drusus se préparait à passer l'Elbe, après avoir déjà remporté plusieurs victoires, lorsqu'une femme majestueuse lui apparut et lui dit . - Où cours-tu si vite, Drusus? Ne seras-tu jamais las de vaincre? Apprends que tes jours touchent à leur terme...

Drusus troublé tourna bride, fit sonner la retraite et mourut au bord du Rhin.

On vit en même temps deux chevaliers in­connus qui faisaient caracoler leurs chevaux autour des tranchées du camp romain, et on entendit aux environs des plaintes et des gémissements de femmes - ce qui n'est pas merveille dans une déroute.

DRYDEN JEAN

Célèbre poète anglais, mort en 1707. On rapporte qu'il tirait aux dés, le jour de la naissance de ses enfants, pour deviner s'il aurait un garçon ou une fille; et sa prédiction relative au sexe de son fils Charles se réalisa, ce qui n'est pas fort étonnant.

DUALISME

Il y a des tremblements de terre, des tempêtes, des ouragans, des débor­dements de rivières, des maladies pestilentielles, des bêtes venimeuses, des animaux féroces , des hommes naturellement méchants, perfides et cruels. Or, un être bien­faisant, disaient les dualistes, ne peut être l'auteur du mal. Donc il y a deux êtres, deux principes, l'un bon, l'autre mauvais, également puissants, coéternels, et qui ne cessent point de se combattre.

Dieu a donné à l'homme le libre arbitre c'est à lui de choisir entre le bien et le mal; il n'en aurait pas le moyen, si le bien seul existait. L'homme sans passions et obligé de faire le bien sans pouvoir faire le mal, serait vertueux sans mérite. Dans un monde sans dangers et sans besoins, l'homme vivrait sans plaisirs. La vertu ne brille que par le contraste du vice; les hommes, mor­tels depuis leur chute, sont dans ce monde comme dans un lieu d'épreuves : on ne récompense point une machine qui ne va bien que parce qu'elle est montée de manière à ne pouvoir aller autrement.

Si l'on réfléchit bien sur le dualisme, dit Saint-Foix, je crois qu'on le trouvera encore plus absurde que l'idolâtrie.

Les Lapons disent que Dieu, avant de produire la terre, se consulta avec l'esprit malin, afin de déterminer comment il arrangerait chaque chose. Dieu se proposa donc de remplir les arbres de moelle, les lacs de lait, et de charger les plantes et les arbres de tous les plus beaux fruits. Par malheur, un plan si convenable à l'homme déplut à l'esprit malin, qui fit toutes sortes de niches; et il en résulta que Dieu n'établit pas les choses aussi bien qu'il l'aurait voulu...

Un certain Ptomolée soutenait que le grand Être avait deux femmes; que, par jalousie, elles se contrariaient sans cesse, et que le mal, tant dans le moral que dans le physique, venait uniquement de leur mésintelligence, l'une se plaisant à gâter, à changer ou à détruire tout ce que faisait l'autre.